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NOUVELLES.

Toutefois, les dernières nouvelles de la colonie nous apprennent qu’il y est mort, le 6 juillet dernier, peu de jours après son arrivée. Ce prince nommé Abduhl Rahaman, était né à Temboctou dont son grand-père était roi. Étant entré dans l’armée de Foutah-Jallo [1] qui dépendait alors de Temboctou, il fut chargé du commandement d’une expédition contre les Hebohs, fut fait prisonnier avec presque tous les siens, et mis à bord d’un bâtiment négrier, destiné pour les Antilles. Là, il fut vendu comme esclave, et ayant été ensuite envoyé à Natchez, il y vécut long-temps dans cette condition. Quelques années auparavant, le docteur Cox, chirurgien à bord d’un navire qui faisait le commerce sur la côte d’Afrique, ayant pénétré dans le pays, s’y égara, et fut abandonné. Après avoir erré quelque temps, il arriva à la capitale du Foutah-Jallo, où blessé et malade, il fut accueilli par Abduhl qui lui donna l’hospitalité durant six mois. Le docteur Cox, de retour aux États-Unis, ayant eu occasion de visiter Natchez, seize ans après, fut reconnu par le prince noir. M. Cox pénétré de reconnaissance et touché de compassion pour le sort de cet infortuné, lui procura la liberté, et le recommanda au gouverneur qui lui accorda un passage pour son pays natal. Sa mort est d’autant plus déplorable pour la colonie, qu’il était allié à plusieurs chefs puissans des pays situés entre Timbou et Temboctou, et que son frère Abduhl Kadre occupe le trône du Foutah-Jallo, royaume à peine éloigné de 200 milles de Libéria. Comme il écrivait l’arabe avec facilité et parlait plusieurs langues de l’Afrique, la Société espérait, par son intermédiaire, établir des relations importantes avec l’intérieur. Peut-être y parviendra-t-elle encore à l’aide de ses enfans, pour la rançon desquels des citoyens des États-Unis ont déjà souscrit quatre mille dollars.

L’institut théologique de Basle, en Suisse, vient d’en-

  1. Foutah-Dialon.