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POPULATION DES DEUX MONDES.

ottomane à 12,500,000, parce que nous y avons compris la partie de l’Arabie, qui dépend médiatement ou immédiatement du grand-seigneur.

Au milieu de l’étonnante disparité d’opinions des géographes et des voyageurs, sur la population des différentes contrées de l’Asie, il est curieux de voir combien peu elles diffèrent, relativement au nombre des habitans de l’Arabie. Presque tous les géographes s’accordent à lui en assigner 12 millions. Mais, pour peu que l’on veuille se donner la peine d’examiner l’état du pays, la nature du sol, la manière de vivre de la plupart de ses habitans, et tenir compte des renseignemens positifs recueillis depuis peu, on verra combien ce nombre est exagéré. Les 5 millions que tous les géographes, sur l’autorité de Hassel, accordaient encore à l’État des Wahabites, sont réduits tout au plus à 300,000 par M. Mengin ; et les observations faites par le capitaine Sadler, qui, en 1819, a traversé toute l’Arabie, depuis le golfe Persique jusqu’à la mer Rouge, sont bien loin de contredire cette évaluation du voyageur français. En combinant tout ce que Niehbur, et autres voyageurs, ont pu rassembler sur l’Yemen, sur l’imanat de Mascate, et sur la côte orientale du golfe Persique, qui sont les seules parties qui offrent une population assez considérable, nous croyons qu’on ne se tromperait pas beaucoup, si l’on portait la totalité du nombre des habitans de l’Arabie à six millions.

Induit par erreur par d’imposantes autorités, et privé des ressources littéraires qu’on trouve à