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POPULATION DES DEUX MONDES.

luations de Raynal, ne sont et ne pouvaient être que des conjectures, vu l’époque où ces auteurs écrivaient. L’évaluation de M. Le Goux de Flaix, qui estimait, il y a quelques années, la population de l’Inde à 184 millions, est extraordinairement exagérée ; celle de M. Collin de Bar, qui, dans son Histoire ancienne et moderne de l’Inde, publiée à Paris, en 1815, la portait à 364 millions, est absurde. On ne doit donc tenir aucun compte des évaluation de ces derniers auteurs ; elles ne méritent pas même l’honneur d’une réfutation. D’après les calculs approximatifs du célèbre major Rennel, qui ont servi de base aux évaluations faites plus tard par le savant Graberg et par Bertuch, la population de l’Inde serait au-dessous de 95 millions, tandis qu’elle s’éléverait au-dessus de 100 millions d’après ceux de Canning, à 110 d’après l’évaluation de Orme et même à 120 millions d’après un calcul moyen fait par M. Lindner. Ce sont ces calculs qui ont servi de base à toutes les estimations des géographes anglais, français et allemands ; elles ont pour elles des probabilités, quoiqu’elles ne puissent être encore que des conjectures, puisque, comme le dit positivement M. Hamilton, dans son East-India Gazetteer, ce n’est que sous l’administration du marquis de Wellesley, en 1801, qu’on s’occupa sérieusement de connaître la population de l’Inde soumise aux Anglais. Mais l’aversion des naturels pour tout ce qui a seulement l’apparence d’innovation ; la crainte d’être plus immédiatement soumis à l’administra-