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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

le commerce de Sansanding et Yamina, à cause du voisinage des mines d’or de Bouré, d’où ils tirent beaucoup de ce métal. Temboctou et Jenné ne profitent pas de cet avantage : car la guerre de Ségo-Ahmadou avec les Bambaras, qui continue presque toujours, intercepte les communications commerciales. Les Arabes qui viennent de Tafilet, d’Adrar, de Tripoli et d’autres pays, apportent à Temboctou du froment dont on fait de petits pains avec du levain : ils sont de forme ronde, et pèsent une demi-livre ; ils ont très-bon goût, et, pour une valeur de quarante cauris (quatre sous de notre monnaie), on peut s’en procurer un ; les négocians riches, ainsi que je crois l’avoir déjà dit, en mangent à leur déjeuner, en prenant du thé. Ils ont des théières qu’on leur apporte de Maroc ; celles que j’ai vues étaient en étain, avec de petites tasses, comme celles de Sidi-Oulad-Marmou, à Jenné. Tous les nègres de Temboctou sont en état de lire le Coran, et même le savent par cœur ; ils le font apprendre de bonne heure à leurs enfans, soit qu’ils se chargent de les instruire eux-mêmes, soit qu’ils confient leur éducation aux Maures qu’ils croient plus instruits. Ils font aussi usage de l’écriture pour leur correspondance avec Jenné.

Les vivres sont très-chers à Temboctou, et je me serais trouvé très-embarrassé, si, comme à Timé j’avais été obligé de pourvoir à ma nourriture ; mes moyens eussent été bientôt épuisés : c’est donc au bon et généreux Sidi-Abdallahi-Chebir que j’ai l’obligation de mon retour par le grand désert. Je