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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

était déjà âgé, craignait-il quelqu’entreprise de la part de son fils. Quoi qu’il en soit, je parvins à la salle qui précédait l’appartement où se trouvait l’Empereur. Deux des secrétaires ou ministres de ce prince, suivis d’un grand nombre de personnes richement vêtues, vinrent à moi, et après beaucoup de complimens pour m’inviter à m’asseoir avant eux, auxquels je finis par céder pour les abréger, le plus éminent en dignité des deux ministres, qui, ainsi que le ministre du prince portait le nom de Conseconduno, me débita un long discours pour me féliciter de mon arrivée auprès de leur maître, ce qui devait être pour moi un grand motif de consolation, et que, quant à eux, ses principaux ministres, ils s’empresseraient d’accueillir toutes mes demandes et de les appuyer auprès du souverain. Je les remerciai dans les meilleurs termes que je pus trouver. Après quoi, Conseconduno reprit la parole, en me disant qu’une des choses qui avaient le plus occupé son imagination depuis le jour de son arrivée jusqu’à ce moment, était que, attendu que l’empereur possédait la plus grande monarchie de la terre, et était par conséquent revêtu de la plus majestueuse autorité ; que, l’étiquette royale n’admettant point de dispense, puisqu’il arrivait souvent qu’un grand seigneur riche de plusieurs millions de rente regardait comme une éminente faveur d’être admis à voir l’auguste visage de l’Empereur à plus de cent pas de distance, et prosterné contre terre, sans prononcer un mot, sans que sa majesté impériale lui adressât la parole,