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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

partie de l’une des expéditions ordonnées par le roi.

M. Lesson n’a point cherché, dans sa narration, à entrer en concurrence avec M. Duperrey, qui commandait la Coquille. Ce navigateur distingué, écrivant la relation officielle du voyage, a dû suivre les erremens prescrits pour cette sorte de rédaction. Il a dû faire connaître au monde savant le résultat de son importante mission ; il a dû fixer l’attention sur la part que chacun de ses collaborateurs a eue dans le succès de la campagne. Un tout autre but a dirigé M. Lesson. Ces grandes relations par leur format, le luxe, les cartes et les figures qui les accompagnent, étant à très-haut prix, n’ont par suite qu’un succès restreint, et ne se trouvent que dans les grandes bibliothèques. Leur lecture d’ailleurs est rendue pénible pour une foule de lecteurs, par les pages de chiffres qui coupent les chapitres ; ce sont, en un mot, des recueils de haute importance à consulter, mais que les gens du monde ne cherchent point à lire. C’est uniquement à cette dernière classe que M. Lesson a cru devoir adresser son journal.

Homme privé, il a pu, dans sa rédaction, s’abandonner à toutes les sensations qui le captivèrent, et chercher à faire passer dans l’ame du lecteur ses émotions. C’est en peintre qu’il esquisse d’une touche large les productions des contrées qu’il a parcourues, et chaque trait gagne encore des connaissances du naturaliste. Son livre sera donc un vaste panorama des nombreuses contrées visités par la