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UNE RENCONTRE DE BANDITS AU MEXIQUE.

près de moi, il nous faut attendre ici le capitaine qui ne peut pas tarder maintenant à revenir.

— Où a-t-il porté son frère ? demanda le premier ; est-il blessé dangereusement ?

— Une balle au front : il doit être mort maintenant.

— Le capitaine devait nous rejoindre. On doit avoir entendu cette fusillade, et nous allons avoir des soldats sur les bras.

Après ce court dialogue, tout rentra dans le silence, et de nouveau je n’entendis plus que le pas mesuré des sentinelles. Je regardais tour à tour les différens groupes ; je pensais combien il eût été facile en ce moment, de les surprendre, et je me figurais faire partie de la troupe qui fondait sur eux à l’improviste. Mes rêveries furent interrompues par la course rapide d’une vedette qui venait en criant : — À cheval, à cheval, les troupes d’Acajete parcourent la forêt. — Ils montèrent à cheval, mais ne firent aucun mouvement pour partir, et plusieurs prétendirent qu’on devait attendre le capitaine.

— Eh bien ! demanda le nouveau venu, avez-vous tout pris ? que ferons-nous de ces corps ?

— Il n’y a qu’à les laisser là, dit un autre.

— C’est singulier, ajouta un troisième, que nous ayons trouvé si peu d’or sur des Anglais ; ils doivent l’avoir caché quelque part, il n’y a qu’à les visiter de nouveau.

Deux ou trois d’entre eux mirent pied à terre et s’approchèrent de l’endroit où je gisais, dans des transes dont on peut se faire une idée. N… et R…