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CORRESPONDANCE

pointe à Lancé était commandé par Andrianamifidi, et que ce chef avait sous ses ordres plus de 400 Ovas. Quelques-uns affirment qu’il a été tué en combattant contre la colonne de Baudson, d’autres disent qu’il s’est sauvé. Huit canons, 700 livres de poudre, quelques fusils, quelques sagaies et un troupeau de 250 bœufs, sont tombés en notre pouvoir. Nous n’avons eu que neuf blessés, dont un mortellement.

Les troupes ont occupé le fort pendant deux jours, et les bâtimens sont restés au mouillage pour embarquer les canons, les poudres, les bœufs, et tout ce qu’il pouvait être utile d’emporter à Sainte-Marie, où la Nièvre et la Chevrette ont débarqué les bœufs. De là ces deux bâtimens ont ramené les détachemens fournis à l’expédition par la garnison de Tintingue, et sont revenus de nouveau au mouillage du Port-Louis.

L’action des bâtimens a été très puissante ; les chefs de pièces, comme les maîtres canonniers, se sont fait remarquer par la justesse de leur tir, et ont maintenu le plus grand ordre dans toutes les parties du service de l’artillerie.

À la pointe à Lancé, comme à Tamatave et à Foulpointe, MM. Le Tourneur, capitaine de frégate, commandant la Nièvre, Depanis, lieutenant de vaisseau, commandant la Chevrette, et Prévost de Langristin, second de la Terpsichore, ont mérité les éloges du commandant Gourbeyre.

Le 20 novembre, deux envoyés du gouvernement d’Emirne, les généraux Coroller et Ratsitouhaine firent demander à M. le commandant Gourbeyre un sauf-conduit pour se rendre auprès de lui, lui remettre deux lettres de la reine Ranavalo-Manjaka, et traiter de la paix.

Le 21, la Terpsichore, suivie de la Nièvre et du Madagascar, revint au mouillage de la pointe à Lancé, où le commandant avait annoncé aux envoyés qu’il les recevrait.

Le 22, ils se rendirent à bord de la Terpsichore, où ils furent accueillis avec le plus grand appareil : le commandant