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vrir les sources véritables dans le lac de Julie. En 1812, Hunt, Crooks et Stewart dépassèrent aussi les montagnes Rocheuses. Enfin, William Harmon, en se dirigeant vers la Nouvelle-Calédonie, traversa les espaces peu connus qui s’étendent du 47e au 58e parallèle. En même temps, les bassins de la Multnomah, de la Plate et du Tacoutché-Tessé furent visités par des chasseurs.

La colonisation, gagnant d’une mer à l’autre, ne doit laisser, avant peu d’années, aucune reconnaissance importante à faire dans ces régions. Les plus remarquables de notre époque sont celles du désert de Nuttal et des lacs de Timpanagos et de Tecuayo. Ces lacs, dont la position était mal connue et l’existence même douteuse, ont été retrouvés par ces caravanes de marchands qui, partant de Saint-Louis du Missouri, gagnent Santa-Fé et Taos, pour se répandre ensuite sur les bords de la Multnomah, de la Colombia et de leurs nombreux tributaires, où la chasse des castors les attire. Déjà ces contrées, si long-temps interdites aux voyageurs, ne leur offrent plus de nouveautés que dans les détails. Les cartes exactes de notre époque n’auront de grands changemens à subir que pour marquer les progrès de la civilisation. La Nouvelle-Californie, pays fertile et pittoresque, est la seule province de l’Amérique septentrionale dont la géographie intérieure n’ait fait aucun pas depuis de nombreuses années, malgré ses missions et sa poste. Elle n’offre encore qu’un espace vague où paraît à peine l’itinéraire ancien d’Escalante.

Quant aux véritables découvertes, il ne restait plus à faire, au xixe siècle, que les plus difficiles et les plus dangereuses vers l’un et l’autre pôle. Au nord, les récompenses toujours croissantes du parlement anglais avaient attiré en 1746 W. Moor, F. Smith et Ellis dans la baie Welcome et la rivière Wager, et en 1761 Christopher dans le Chesterfield-Inlet. En 1776, Phipps tenta la route du pôle, et s’arrêta près de Spitzberg par 80°48’ de latitude. Kerguelen fut, sans succès, le seul représentant de la France dans ces parages. Toutes ces tentatives n’avaient eu aucun résultat décisif ; mais de nos jours, les voyages de Parry succédant à ceux de Ross et de Buchan, qui avaient prouvé la