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particulièrement M. Drolling, qui résume mieux que personne l’état intermédiaire de la peinture entre les plus illustres élèves de David et les tentatives de réforme romantique, ont, pour leur malheur, réfléchi trop exactement l’organisation de David dans ses imperfections comme dans ses qualités. Nous avons vu régner pendant quelque temps la peinture de morceau, sans recherche de pensée ni même de style, ce qui la faisait reculer bien en-deçà de David. On conçoit que le public, auquel, avant tout, il faut des émotions dans l’art, ne se soit pas arrangé d’un tel résultat ; on comprend la faveur générale qui accueillit M. Horace Vernet, quand il tenta de donner droit de noblesse dans la peinture à la prose contemporaine ; on s’explique la rapide contagion qui dévora les ateliers à l’apparition des doctrines romantiques.

Ces doctrines qui, plus encore que leurs rivales, procédaient par exclusion, ne pouvaient obtenir qu’un succès partiel et momentané. Heureusement pour l’art, les tendances nouvelles ne s’étaient pas concentrées dans l’enceinte de Paris. Il existait à Florence un autre élève de David, méconnu dans sa supériorité par ses condisciples, et qui retrempait dans l’étude des maîtres une organisation toute primitive. M. Schnetz avait trouvé dans les pâtres de la campagne romaine un aliment à ses facultés si puissantes, tant qu’elles restent naïves ; et, sous l’influence de son ami, M. Léopold Robert remontait, par une incroyable combinaison de sentiment, de patience et de simplicité, aux sources même de l’inspiration antique. C’est au milieu de la confusion créée par la dissolution de l’école, quand le nord, appuyé sur Rembrandt et Rubens réhabilités, aidé du secours de la mode propice aux nouveautés anglaises, menaçait d’effacer parmi nous toute trace de ce que nous considérons comme la grande et la vraie peinture, c’est alors que MM. Ingres, Schnetz et Robert se sont présentés comme ses auxiliaires inespérés. On sait le reste, et la progression du contre-mouvement déterminé par ces artistes n’est plus un mystère pour personne. Mais cette réaction n’était pas le résultat des travaux compactes d’une école : des efforts individuels l’avaient produite ; elle a continué, dans sa marche, à se montrer individuelle. Est-ce un mal pour l’art ? Nous sommes loin de le penser.

La France n’est pas le pays des écoles : l’agglomération des