Page:Revue des Deux Mondes - 1839 - tome 20.djvu/802

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Danube. Au nord sont les escarpemens de la forêt de Bohême couverts de rochers et de bois touffus, au milieu desquels s’élève la citadelle ; au midi arrive le fleuve tyrolien, bruyant et impétueux. Il prend son rival en flanc et commence par s’emparer de la plus grande partie du lit commun. On le reconnaît à ses eaux plus vertes et plus claires, dans les sombres gorges où ils s’enfoncent l’un et l’autre pour continuer leur lutte. Toute la partie du cours du Danube située entre Nassau et Linz est admirablement pittoresque, parce qu’il est presque toujours resserré entre des hauteurs escarpées et couvertes de verdure. Ces côtes sauvages présentent peu de traces de la présence de l’homme, si ce n’est de temps en temps une tour en ruines sur un rocher ou une petite chapelle : quelquefois derrière un promontoire s’ouvre une étroite et verdoyante vallée par laquelle arrive quelque rivière inconnue, coulant au milieu de solitudes qu’habite encore le castor ; quelquefois le lit du fleuve s’élargit et, présente l’aspect d’un lac de la Suisse avec un encadrement aussi sévère, quoique sur une moins grande échelle ; puis, quand la rive droite s’abaisse par intervalles, on aperçoit dans le lointain les blancs sommets des Alpes de Styrie. Quelques lieues après Melk, dont la célèbre abbaye s’élève sur un rocher à pic, présentant au Danube soixante-trois croisées de façade, les rivages s’aplatissent ; le fleuve, n’étant plus contenu par les montagnes, s’élargit et se couvre d’îles ; le paysage devient plus monotone et commence à prendre le caractère qu’il conserve dans toute la plaine de Hongrie.

Les pays qui appartiennent au bassin du Danube sont : la Souabe orientale, la Bavière, une petite partie de la Franconie, l’Autriche, la Moravie et la partie du Tyrol qui s’étend le long de l’Inn. La Styrie, la Carinthie et la Carniole sont arrosées par deux grands affluens du Danube, la Drave et la Save, lesquels ne vont rejoindre ce fleuve que bien loin dans la Hongrie.

Une faible partie du territoire de la confédération germanique envoie ses eaux à la mer Adriatique ; ce sont les cercles méridionaux du Tyrol, arrosés par l’Adige et ses affluens, et quelques portions du royaume d’Illyrie, placées entre les Alpes et la mer, et où coulent l’Isonzo et quelques autres torrens. C’est là qu’est Trieste, le port principal de la monarchie autrichienne, le centre de ses relations avec le Levant. Les provinces que je viens de nommer appartiennent sans doute à la géographie politique de l’Allemagne, et la porte qu’elles lui ouvrent sur la Méditerranée leur donne une grande importance ; mais elles ne sont allemandes que de nom, à l’exception