Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/293

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Grace pour un de ses enfans
Que, du haut des cieux triomphans,
Protégea l’œil divin de Vénus-Uranie !
Grace pour l’ame de ces lieux !
Grace pour celle qui respire
Dans les nobles contours et les marbres pieux
De ce beau temple qu’on admire !
Que le flambeau qui brûle et pétille à ta main
Respecte ses formes puissantes !
Que son fronton doré, ses colonnes luisantes
Ne soient pas l’aliment du vorace Vulcain !
Ah ! s’il faut qu’il périsse, ô mortel en délire !
Avec lui je mourrai soudain,
Comme le son léger qui dans les airs expire,
Lorsqu’une main brise la lyre
Qui l’enfermait dans le creux de son sein !

EROSTRATE


Je suis comme un nocher battu par la tempête,
J’ai le cœur insensible, et, pour sauver ma tête,
Je pousserais du pied dans les flots écumeux
Les plus beaux corps du monde étalés sous mes yeux.

LA MEMOIRE


Et moi, je suis la grande Mnémosyne,
Du monarque des dieux l’amoureuse divine,
La mère des neuf sœurs compagnes de Phoebus :
Je suis celle qui porte en sa large poitrine
Les grands forfaits et les grandes vertus.
Insensé que le mal entraîne,