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CONSTANTINOPLE


SOUS ABDUL-MEDJID




Nous venions de traverser la Valachie[1] et nous étions arrivés à Braïlosv, d’où nous pouvions nous embarquer pour Constantinople ; mais dans le dessein de visiter Galatz, le seul port de la Moldavie, nous préférâmes ne prendre le paquebot que dans cette dernière ville. Le trajet de Braïlow à Galatz se fait en deux heures et demie ; la route est assez pittoresque. Les forêts qui couvraient les collines furent dévastées pendant la guerre, mais les plantations nouvelles poussent avec une vigueur remarquable ; les campagnes commencent à être sillonnées par la charrue, les paysans paraissent moins pauvres que dans les autres districts, le commerce exerce enfin aux environs de Braïlow son heureuse influence. Le Sheret forme la ligne de démarcation des deux principautés. On passe cette rivière, assez importante, sur un pont volant qu’il est question d’établir d’une manière plus solide. La Moldavie s’annonce tout de suite comme un pays de montagnes, et quoique le nord-est de la Valachie soit assez accidenté, la transition semble brusque. La route, passablement entretenue, traverse une vallée fertile, abritée par des bois magnifiques et arrosée par des cours d’eau qui rendent le pays aussi propre à l’exploitation des usines qu’aux travaux agricoles.

  1. Voyez les livraisons du 15 mars et 15 avril 1839.