Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/330

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Cette commission fut composée de MM. De Muralt, député de Zurich, Bloesch de Berne, Baumgartner de Saint-Gall, Kopp de Lucerne, Schmid d’Uri, Druey de Vaud, et d’Église de Fribourg. Trois de ces commissaires représentaient des cantons protestans, MM. De Muralt, Bloesch et Druey ; trois représentaient des cantons catholiques, MM. Kopp, Schmid et d’Église ; le septième, M. Baumgartner, était député d’un canton mixte. Si les divers élémens religieux de la Suisse étaient représentés dans cette commission avec une juste proportion, il n’en était pas de même des opinions sur la question. Ceux qui désapprouvaient la conduite du gouvernement d’Argovie y étaient en grande majorité. On remarqua d’ailleurs que, contre l’usage habituellement suivi par les diètes fédérales, le président du vorort, M. Neuhaus, n’avait pas été désigné pour en faire partie. La diète avait pensé sans doute que M. Neuhaus avait exprimé son opinion en faveur d’Argovie plus ouvertement qu’il ne convenait à un président ; cependant, toujours préoccupé des égards que les états se devaient entre eux, la majorité avait eu soin, en écartant M. Neuhaus, de nommer à sa place le second député de Berne, M. Bloesch, afin que le vorort fût représenté dans la commission. Le principe de cette commission et le choix des membres qui devaient la composer furent décidés par quatorze voix : celles de Zurich, Uri, Schwytz, Unterwald, Zug, Schaffouse, Saint-Gall, Valais, Neuchâtel, Vaud, Grisons, Fribourg, Glaris, et les deux demi-voix de Bâle ville et d’Appenzell intérieur. On put donc regarder dès ce moment la majorité comme formée dans la diète contre les décrets des 13 et 20 janvier.

Encore est-il à remarquer que l’amendement proposé par M. Rigaud, député de Genève, et qui obtint les voix de Genève, Soleure, Tessin, Thurgovie, Lucerne, Berne, et les deux demi-voix de Bâle campagne et d’Appenzell extérieur, était moins une décision favorable aux prétentions d’Argovie qu’un terme moyen pour gagner du temps et préparer une conciliation.

Il n’est pas douteux que cette disposition de la diète a été due en partie à l’attitude prise par les agens diplomatiques à la suite de la conduite adoptée par la France. Dans sa réponse à la dernière communication du vorort, réponse qui fut communiquée à la diète, le nonce du pape s’exprima en termes encore plus modérés que la première fois. Il se borna à maintenir les droits du saint-siège sans faire aucune nouvelle allusion aux puissances qui avaient garanti la neutralité de la Suisse. Il s’attacha surtout à démontrer que la dé-