Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/894

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Parme, a continué avec succès les grands travaux entrepris dans le siècle dernier par le père Affò, sur l’histoire littéraire et politique du duché de Parme. On espère toujours que M. Giordani, qui vit dans la même ville, donnera suite à son projet, de s’occuper de l’histoire des arts. M. Giordani est un de ces hommes comme on n’en rencontre qu’en Italie. Doué d’un savoir immense, connaissant à merveille l’histoire de son pays, écrivant l’Italien avec une élégance et une pureté qui rappellent les plus beaux : temps de la littérature italienne, il s’est borné à publier de petits opuscules, comme pour montrer ce qu’il pouvait faire, sans jamais composer un ouvrage de quelque étendue. Il est vrai de dire que ses écrits lui ont valu plusieurs fois l’exil et la prison. La postérité demandera un compte sévère aux persécuteurs de Giordani de tous les travaux qu’il aurait pu faire, si on l’avait laissé tranquille ; mais nous croyons aussi que, malgré les obstacles qu’il a rencontrés, cet illustre écrivain ne voudra pas priver son pays de tout ce qu’on est en droit d’attendre de lui.

Venise, qui a donné à l’Italie tant d’historiens, et où aux Bembo et aux Paruta ont succédé, dans le siècle dernier, les Sandi, les Coleti, les Farlati, les Marini, les Teutori, qui ont traité avec une grande érudition tous les points de l’histoire de cette célèbre république, n’a guère produit, dans ces derniers temps, que les savantes remarques de M. Tiepolo sur l’Histoire de Venise par M. Daru, et le grand ouvrage de M. Cicagna sur les inscriptions de Venise, ouvrage où l’on trouve une foule de faits intéressans et inconnus sur l’histoire de cette ville.

Bien que l’on imprime actuellement en Lombardie plus de livres que dans aucune autre province de l’Italie, cependant les ouvrages historiques sont tout-à-fait en minorité dans les productions qui sortent de la presse milanaise. Néanmoins les Familles célèvres de l’Italie, que le comte Litta fait paraître à Milan, sont sans contredit un des ouvrages les plus importans qui se publient au-delà des Alpes. Sous un titre un peu aristocratique, et qui probablement a aplani les obstacles que l’auteur aurait pu rencontrer chez quelques gouvernemens, ce livre offre une histoire complète des familles qui ont brillé à toutes les époques de l’histoire italienne. Dans les planches qui accompagnent le texte de M. Litta, on a reproduit avec un soin infini les monumens les plus célèbres, les tombeaux, les statues, les tableaux, les médailles, qui se rattachent à l’histoire de chaque famille. Ce grand ouvrage, auquel l’auteur a consacré sa vie et sa fortune, et devenu un complément indispensable pour toutes les collections de livres italiens. Un