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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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30 juin 1845.


La discussion du budget des dépenses n’a pas duré plus de quinze jours. On a déjà vu que les ministères de la justice et de l’intérieur n’avaient pas fixé long-temps l’attention de la chambre ; les travaux publics, le commerce et les finances ont marché du même pas. Le budget de l’instruction publique a été vivement disputé ; mais M. de Salvandy, qui reparaissait à la chambre après une assez longue absence, s’est défendu avec autant de fermeté que de présence d’esprit. La chambre a voté toutes les allocations soutenues par lui et demandées par son illustre prédécesseur, allocations fort justes, que des préventions étroites pouvaient seules contester. Deux incidens ont été remarqués dans ce débat sur l’instruction publique. Un homme d’esprit dont les intentions sont excellentes, mais qui n’a pas toujours le tact et la modération nécessaires, s’est imaginé d’attaquer l’existence légale de l’Université. Nous renvoyons M. Desmousseaux de Givré aux réclamations énergiques de M. Dupin. L’Université est parfaitement légale ; elle est chère au pays ; elle est nationale ; la faveur des chambres ne lui manquera pas, et nous espérons encore qu’elle n’aura pas le chagrin de compter M. Desmousseaux de Givré parmi ses adversaires. L’autre incident est une sortie de M. de Lespinasse contre les cours du collége de France. L’honorable député dénonce l’enseignement de MM. Michelet et Quinet ; il appelle sur eux la réprobation du pays. La chambre, d’un sentiment unanime, a blâmé ces attaques contre deux professeurs absens, qui n’appartiennent pas d’ailleurs à la juridiction parlementaire. Où en serions-nous si l’on pouvait traduire les écrivains et les professeurs devant la chambre, et si le palais Bourbon pouvait être transformé en un comité de censure philosophique ou littéraire ?

Moins heureux que son collègue de l’instruction publique, M. le ministre de la guerre a essuyé d’assez rudes échecs dans la discussion de son budget. Il s’est vu forcé de subir un grand nombre de réductions, et n’a triomphé sur deux ou trois points qu’après des épreuves douteuses. L’institution de trois conseillers rapporteurs attachés au conseil supérieur de l’Algérie a