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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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31 janvier 1846.


Au moment où nous écrivons, les débats de l’adresse se prolongent encore à la chambre des députés. Tantôt brillans, tantôt traînans et confus, ils sont loin d’avoir épuisé la liste des questions à l’ordre du jour. L’opposition n’a aucune raison pour éviter les rencontres avec le cabinet ou pour les abréger ; au contraire, en les rendant aussi fréquentes, aussi graves que possible, elle travaille et réussit parfois à semer entre le ministère et ses propres amis des causes sérieuses de déplaisir et de mécontentement. Il est peu agréable à une majorité d’être contrainte coup sur coup à des votes d’où l’on puisse conclure qu’il lui est indifférent que l’administration soit pure ou les lois obéies. Alors l’opposition triomphe, car ses échecs parlementaires lui semblent bien compensés par l’impression qu’elle croit avoir produite tant sur l’opinion que sur le corps électoral.

Cette situation réciproque de la majorité et de l’opposition est, à nos yeux, nous l’avouerons, un spectacle assez triste, car de part et d’autre on se trouve entraîné à des actes, à des accusations dont, en suivant ses vrais instincts, on se fût abstenu. Les hommes graves de la majorité n’approuvent pas, à coup sûr, les excès de zèle dans lesquels peuvent tomber certains préfets, pas plus que dans l’opposition les esprits, sérieux ne voudront soutenir qu’il doit être interdit au gouvernement d’exercer sur les élections la moindre influence ; mais, comme on est rangé en bataille les uns contre les autres, on s’échauffe, on s’exalte : la modération, la vérité, succombent sous des exagérations que chaque parti impose à ses membres comme un devoir.

Au milieu de cette mêlée parlementaire, un fait a été remarqué, qui a paru nouveau à quelques-uns, et dont se sont affligés quelques autres : nous vou-