Page:Revue des Deux Mondes - 1849 - tome 3.djvu/151

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termine ainsi : « Au nom de l’assemblée, je prie votre altesse impériale de vouloir bien déclarer de nouveau, en présence du parlement national, qu’elle maintiendra et fera maintenir cette loi pour la gloire et la prospérité de l’Allemagne. » Le vicaire de l’empire répond aussitôt : « Messieurs, l’empressement que j’ai mis à me rendre dans cette ville, afin de paraître au milieu de vous, doit vous prouver le plus clairement possible le haut prix que j’attache à la dignité de vicaire de l’empire et à la confiance que m’ont témoignée dans cette occasion les représentans de la nation allemande. En prenant ici possession de mes fonctions, je déclare de nouveau que je maintiendrai et ferai maintenir pour la gloire et la prospérité de l’Allemagne la loi qui vient de m’être lue sur l’organisation du pouvoir central. Je déclare en même temps que je me consacrerai sans partage à ces fonctions, et que je prierai immédiatement sa majesté l’empereur d’Autriche de me décharger du soin de le représenter à Vienne, aussitôt que j’aurai ouvert la diète, comme je le lui avais précédemment promis. Une fois ma résolution prise, je dois m’y dévouer tout entier ; j’appartiens à la nation allemande. » L’assemblée, qui avait gardé le silence au moment où l’archiduc entrait dans la salle, applaudit à ces paroles avec transport, et le noble élu, toujours accompagné de la grande députation, se retira aux cris cent fois répétés de vive le vicaire de l’empire ! Ce fut le sacre et le couronnement du nouveau pouvoir.

Le même jour, aux termes de la loi sur le pouvoir central, la diète devait se séparer. Image de l’ancienne unité, la diète ne pouvait subsister plus long-temps en face des représentans de l’unité nouvelle. Le premier acte du vicaire de l’empire fut d’aller lui-même fermer les séances de ce conseil déchu, qui, depuis le 8 juin 1815 jusqu’au 12 juillet 1848, avait représenté les cabinets allemands. Au sortir de l’église Saint-Paul, l’archiduc Jean se dirigea vers le palais Taxis, escorté par la troupe et accompagné d’une foule de représentans. Quand on entra, les cloches sonnaient, cloches des funérailles, disait-on autour de l’archiduc, et les triomphateurs de l’église Saint-Paul s’en allaient gaiement, comme le curé de La Fontaine, enterrer le mort au plus vite ; mais, comme dans la fable aussi, il eût mieux valu ne pas être si gai, et songer que la situation était grave. L’assemblée nationale et le vicaire de empire sont désormais les seules autorités qui aient le droit de décider et d’agir pour tout ce qui concerne les intérêts généraux de l’Allemagne : responsabilité sérieuse à laquelle les dangers ne manqueront pas. Il semble même que l’assemblée, toute fière d’avoir créé l’unité politique et comme pour essayer la force de l’instrument qu’elle s’est donne, prenne plaisir à provoquer les tempêtes. Dans sa dernière séance, la diète a félicité l’archiduc Jean, et lui a exprimé la confiance de tous les gouvernemens qu’elle représente ; le roi de Wurtemberg, les grands