Page:Revue des Deux Mondes - 1852 - tome 15.djvu/999

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est très inférieure à celle du noir de la race africaine. Ils ont les lèvres moins saillantes que celles des hommes de ce dernier type ; leur nez, court et droit, a des narines très prononcées. Ce qui les distingue essentiellement du nègre proprement dit, c’est une chevelure abondante, lisse, non crépue, d’un noir très prononcé, — une énorme tête et un visage en proportion. Les Indiens sont présentés par les anciens habitans du pays comme très vindicatifs et très perfides. — Ils n’ont, assurent ceux-ci, aucun souvenir des bienfaits qu’ils reçoivent ; l’ingratitude leur est commune. L’éducation à laquelle ils sont assujettis dès leur enfance n’est guère propre à développer leur faible raison. L’usage continuel du sweat-house (lieu où ils transpirent abondamment) les dispose de bonne heure à la faiblesse et à l’indolence. Les rhumatismes et les spasmes qui les affectent le plus ordinairement sont une triste conséquence de cette habitude ; mais ce qui exerce sur cette population le plus de ravages et s’oppose à son accroissement est un mal vénérien dont le germe est inné chez elle. On peut s’expliquer ainsi l’énorme différence qui existe entre les naissances et les morts, et par suite la décroissance rapide de la population indienne en Californie.

Tels sont les aborigènes du vaste pays aujourd’hui occupé par les énergiques enfans de l’Amérique du Nord. Ce portrait peu flatté n’est que trop exact. C’est à cette population à demi sauvage qu’appartenait le sol quand les Espagnols vinrent en prendre possession. Fernand Cortez, après avoir conquis le Mexique, continua ses explorations un peu au nord, et découvrit en 1530 la péninsule qui forme aujourd’hui la Basse-Californie. Malgré l’aspect généralement aride et montagneux que présentait cette contrée, malgré l’inhospitalité de ses habitans, Cortez résolut néanmoins de s’en emparer ; de nombreuses circonstances vinrent à l’encontre de ses projets, qui finalement échouèrent. La Haute-Californie, contrée adjacente à cette péninsule, fut découverte en 1541, d’autres disent en 1548, par un navigateur espagnol nommé Cabrillo. Pendant plus d’un demi-siècle après cette découverte, le pays resta dans l’oubli jusqu’au jour où une expédition espagnole, chargée d’en reconnaître le littoral, y trouva d’excellens abris pour les navires et de vastes étendues de terrains situés près de la mer, paraissant fertiles et d’une occupation facile. La colonie de San-Diego fut alors établie à la jonction de la Haute ou Nouvelle-Californie et de la Basse ou Vieille-Californie. C’est alors aussi que commença la conquête de cette région. Les navigateurs de cette époque furent moins habiles à s’emparer du sol qu’à l’explorer ; dans tous les cas, ils prirent nominalement possession des pays découverts.

Sir Francis Drake visita en 1578 la partie septentrionale de la Haute-Californie, à laquelle il donna le nom de New-Albion. Ce navigateur constata déjà, dans des termes peu équivoques, la richesse du sol en métaux précieux. Sébastien Visconio, touchant par hasard à Monterey