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à ce que Ifrikech les emmena avec lui à la conquête de la péninsule africaine.

« Ibn-el-Kelbi avance que les opinions se sont partagées sur le véritable nom du chef sous les ordres duquel les Berbères endurèrent de la Syrie vers le Maghreb. Selon cet auteur, les uns veulent que ce soit le prophète David, d’autres Youscha-ben-Enoun, d’autres Ifrikech, d’autres certains rois des Zobor.

« El-Massoudi ajoute qu’ils n’émigrèrent qu’après la mort de Goliath, qu’ils s’établirent dans la province de Barka-d’Yfrikia et dans le Maghreb après avoir vaincu les Frendj (Francs) ; que de là ils envahirent la Sicile, la Sardaigne, les îles Baléares et l’Espagne ; puis qu’il fut convenu entre eux et les Frendj que ceux-ci occuperaient les villes, et que, quant à eux, ils s’établiraient dans les déserts qui s’étendent depuis Alexandrie jusqu’à l’océan, Tanger et le pays de Souse.

« Ibn-Abd-el-Berr dit que l’établissement des Berbères s’étendait depuis l’extrémité de l’Égypte, c’est-à-dire depuis les pays qui sont situés derrière Barka, jusqu’à la Mer-Verte et depuis la mer de l’Andalousie jusqu’à la fin des déserts qui touchent au Soudan. À cette limite, on trouve encore une peuplade, située cidre les Habeulh (Abyssins) et les Zendy (Zanguebar) qui est connue sous le nom de Berbères. L’auteur du Kamour en fait mention, mais c’est une population très peu considérable, dont l’histoire insignifiante et obscure ne contient aucun fait important.

« Le point essentiel ici, c’est la citation du poète Aâmrou-el-Kaïs au sujet des chevaux berbères. Quant aux Berbères eux-mêmes, tout prouve qu’ils sont connus de temps immémorial, et qu’ils vinrent de l’Orient se fixer dans le Maghreb, où nous les retrouvons aujourd’hui.

« Et le salut sur vous, au commencement comme à la fin de cette lettre, de la part de votre ami Abd-el-Kader-Ben-Mahhydin. Que Dieu le couvre de sa protection !

« Brousse, le 1er de safer 1269. »

Général E. Daumas.


REVUE LITTERAIRE.
LES POETES SERBES ET LES CHRETIENS D’ORIENT.

Dans l’état présent des esprits et des choses en Orient, tout ce qui regarde les populations chrétiennes de la Turquie d’Europe a de l’importance, car on n’ignore point que leur attitude peut être d’un grand poids sur la marche des événemens qui se déroulent dans ces contrées. Nous avons plus d’une fois parlé des Grecs et des manifestations imprudentes auxquelles l’imagination de quelques exaltés s’est, en paroles du moins, laissé entraîner au moment critique où la guerre a commencé. Le gouvernement grec, qui, sans être inaccessible aux ambitions dangereuses, ne manque point cependant de sens politique, a su jusqu’à présent résister à ces sollicitations, si contraires aux véritables intérêts du pays, et nous sommes persuadé qu’il donnera une nouvelle