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du Haut et du Bas-Rhin, de la Haute-Saône, du Doubs, du Jura, de l’Ain, de la Côte-d’Or, de Saône-et-Loire et de l’Yonne. On la divisa en plusieurs variétés distinctes, dont les principales sont la charolaise, la lorraine et la comtoise. La lorraine, bien qu’une des plus importantes, n’était représentée que par cinq individus, mais qui ont presque tous été primés ; on remarquait surtout, deux taureaux, au pelage blanc, et rouge, déjà couronnés aux concours régionaux de Vesoul et de Besançon. La comtoise se divise en deux branches, celle de plaine, qui sert avant tout au travail, et celle de montagne, qui est principalement laitière. Cette dernière a été modifiée profondément par des croisemens avec les races suisses, et n’a presque plus les caractères de la race pure, mais elle n’en vaut que mieux. Je n’ai aperçu qu’un échantillon de ce croisement, une vache venue de la haute-Saône, qui avait été primée au concours de Besançon. Je regrette qu’il n’en soit pas venu davantage. Le Jura est déjà un peu loin de Paris, mais il a maintenant un chemin de 1er qui arrive jusqu’au pied de ses montagnes. Cette partie de notre territoire mérite, le nom de Suisse française : je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas aussi riche en beau bétail que la véritable Suisse, puisque les mêmes conditions de sol et de climat s’y rencontrent à peu près.

Dès qu’une province se trouve hors du rayon habituel de l’approvisionnement de Paris, on dirait qu’elle cesse de nous intéresser ; aujourd’hui ce rayon s’étend : il n’était autrefois que de cinquante à soixante lieues, il arrive maintenant bien au-delà, et quand il ne s’étendrait, pas, Paris n’est pas toute la France. On consomme aussi ailleurs, quoique beaucoup moins en proportion. Ce sont aussi des Français, et de bons Français, que les habitans de l’est. Moins avancée que dans la région du nord-ouest, par suite de causes anciennes, la culture y est en progrès. À mesure que le travail des chevaux s’étend et que les cultures fourragères s’accroissent, la race comtoise peut faire, tout comme les autres, de grands pas comme race de boucherie ; quant à la variété laitière, ce n’est pas non plus un intérêt à négliger, car elle sert en grand à la fabrication du fromage, et le fromage n’est pas moins que la viande un élément important de la nourriture des peuples.

De toutes les races de l’est, la plus connue à Paris, parce qu’elle arrive sur ses marchés, est la charolaise, ainsi nommée de l’ancien comté de Charolles, qui était autrefois le premier des états de Bourgogne, et qui donnait son nom aux héritiers du duché. Cette race a pris en effet naissance dans le Charolais, où son développement a été favorisé par le voisinage du marché de Lyon ; mais elle s’est maintenant étendue à tous les pays voisins, comme le Nivernais et une partie du Berry, et elle couvre autant de départemens que la cotentine.