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qu’au Mouna-Loa, et il est accompagné d’explosions qui rejettent des cendres et des fragmens de lave refroidie. Les vapeurs peuvent atteindre dans la cheminée volcanique une très forte pression, puisque sir James Hamilton, dans la description de l’éruption de 1779, rapporte que ces débris étaient entraînés jusqu’à la hauteur de 3,000 mètres au-dessus du cratère.

Dans les volcans de Java, les conduits souterrains sont encore plus obstrués : la lave n’y circule point. Ces volcans ne font que rejeter une quantité immense de fragmens incohérens et de cendres qui s’élèvent à des hauteurs extrêmement considérables, pour retomber sur toutes les régions voisines. Toutes les montagnes volcaniques sont dominées par des cônes d’éruption. Souvent le même volcan en porte plusieurs dans le cratère primitif et d’autres sur les flancs. Ce développement des cônes d’éruption donne à certains massifs un aspect irrégulier et pour ainsi dire tuberculeux. Il devient parfois difficile de démêler la structure première du volcan, défiguré par ces montagnes de débris, par les ruptures et les affaissemens qui ont suivi l’éruption de matières arrachées en telle abondance aux entrailles trachytiques de la montagne ; mais ce qui donne aux volcans de l’île de Java un caractère tout particulier, c’est la quantité incroyable d’eau qui s’en échappe, et qui, se mêlant aux débris solides, forme des torrens boueux d’une nature singulière, où des blocs innombrables se trouvent entraînés à de très grandes distances dans une pâte limoneuse formée par les cendres volcaniques. Ces volcans sont aussi remarquables par l’abondance des vapeurs sulfureuses qui s’en dégagent pour ainsi dire sans cesse. Mêlées avec la vapeur d’eau, elles corrodent et désagrègent lentement les roches, et préparent sourdement les matériaux des éruptions futures. Si l’on compare ces caractères généraux avec ceux des volcans des Andes, on trouvera entre les deux groupes une certaine ressemblance. Les coulées de lave moderne sont rares dans les Andes ainsi qu’à Java ; seulement les éruptions de matières solides y sont peu fréquentes, et l’activité de ces immenses colosses trachytiques ne s’annonce d’ordinaire que par le dégagement des vapeurs souterraines.

Quelles sont donc les lois qui régissent l’activité volcanique ? Pourquoi certains volcans donnent-ils constamment des laves et d’autres n’en donnent-ils jamais ? pourquoi les uns ont-ils de si fréquentes, les autres de si rares éruptions ? On a souvent fait observer que la hauteur des volcans semble exercer à cet égard une influence remarquable. Le Stromboli, qui, depuis le temps où vivait Homère, est dans un état de perpétuelle irritation, n’a pas plus de 700 mètres de hauteur ; les éruptions du Vésuve, qui a 1,181 mètres d’élévation,