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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




28 février 1859.

La période de l’action est commencée pour la question italienne. Nous voilà déjà loin de ces incertitudes du mois de janvier, de ces dénégations, contradictions et tergiversations étranges, auxquelles fut en proie pendant plusieurs semaines cette partie de la presse qui passe auprès du public pour obéir à de hautes directions et pour jouir du privilège des informations sûres. Nous n’avions pas attendu, quant à nous, l’incident du 1er janvier pour pressentir et donner à entendre qu’une grande évolution se préparait dans les affaires d’Italie ; mais, touchant la façon dont cette évolution se pourrait accomplir, nous partagions le sort commun, et nous étions réduits à la fastidieuse perplexité des conjectures. Le premier débat du parlement anglais sur les affaires d’Italie, promptement suivi du discours prononcé par l’empereur à l’ouverture de la session des assemblées françaises, nous avait sans doute apporté de grandes lumières : l’on avait pu y voir comme l’ouverture et l’exposition du drame qui allait se jouer ; mais ce n’étaient encore que des paroles de prélude, ce n’étaient point des actes. Maintenant les actes se produisent. Le Moniteur nous apprend que, sur la demande du saint-père, les armées française et autrichienne vont dans un bref délai évacuer le territoire pontifical ; l’Angleterre, en envoyant lord Cowley à Vienne, vient de faire une démarche d’une très haute portée. Enfin ne peut-on pas compter, parmi les signes de cette phase de l’action où nous sommes entrés, ce frémissement redoublé de l’opinion européenne à l’approche d’un dénoûment décisif pour la paix ou pour la guerre, ce sentiment général d’attente impatiente dont le parlement anglais vient encore une fois de se faire l’organe ?

Parmi ces actes, sans doute il en est un, la mission de lord Cowley, dont les conséquences sont encore conjecturales. Rapproché pourtant de l’évacuation des états pontificaux par les troupes françaises et autrichiennes, il