Page:Revue des Deux Mondes - 1859 - tome 23.djvu/397

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LES CARAVANES
DU
CHEVALIER DE MOMBALÈRE
Scènes et souvenirs de l’Armagnac.

I.

Le château de Mombalère est certainement un des édifices les plus anciens de l’Armagnac. Le voyageur qui va de Mont-de-Marsan à Auch peut l’apercevoir à droite en sortant de la petite ville de Nogaro. Il est situé au sommet d’une élévation que nous appelons une colline dans le voisinage des Pyrénées, mais qui pourrait passer pour une montagne dans les plaines de la Beauce et dans les environs de Paris. Ses quatre tours crénelées, dont la base se perd dans la cime des chênes, se dessinent fièrement sur l’azur du ciel, et elles sont d’autant plus remarquables que, dans ce pays prosaïque et utilitaire, les autres hauteurs sont couronnées par des moulins à vent.

Ce château appartient encore à un des descendans de la famille qui l’a construit. Il ne serait pas impossible que les Mombalère eussent eu des représentans aux croisades. C’est là du moins une tradition généralement acceptée dans le pays, bien que Villehardouin ni Joinville ne parlent d’aucun chevalier de ce nom. En revanche, on retrouve leur nom dans les mémoires de Montluc, dans ceux d’Agrippa d’Aubigné, et l’un d’eux fut un de ces couronnels français dont Brantôme a écrit l’histoire. Les Mombalère avaient embrassé la cause du