Page:Revue des Deux Mondes - 1861 - tome 31.djvu/697

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


lequel la modération de la forme sut s’allier à la fermeté de la pensée, des réflexions qui produisirent une impression très vive et très méritée. « Sans vouloir attaquer le sénatus-consulte du 25 décembre 1852, qu’il respecte comme une loi de son pays, l’orateur croit avoir le droit de dire que cet acte a considérablement réduit les attributions du corps législatif. Le véritable budget sera celui qui sera arrêté par le conseil d’état. » L’orateur termine ainsi : « L’empereur à dit qu’il entendait laisser une large porte ouverte aux améliorations, et que la liberté couronnerait son édifice. L’orateur déclare qu’il a dans ces paroles une foi entière, et que l’espérance de voir se réaliser cette promesse l’a déterminé à rester sur des bancs où il avait un devoir à remplir, celui de faire entendre respectueusement la vérité. Il engage ses collègues à ne pas imiter l’exemple de leurs devanciers de l’ancien corps législatif, de ne pas attendre pour dire la vérité la veille de quelque grand péril [1] » C’était en 1853 que M. le comte de Flavigny faisait entendre ce langage. Il y a sept ans de cela [2].

En définitive, que résulte-t-il de la situation du gouvernement et du corps législatif telle qu’on vient de l’exposer ?

De la part du gouvernement, non-seulement défense résolue de l’article 12 du sénatus-consulte organique du 25 décembre, ce qui était parfaitement son droit, mais pas un mot pouvant donner l’espoir d’une modification future, pas une concession dans l’application rigoureuse des principes absolus de cet article. En ce qui concerne la nécessité de réduire de plus en plus les crédits supplémentaires et extraordinaires, abondance de déclarations et de promesses, mais rien de plus. Chaque année, des crédits considérables sont demandés, et les organes du gouvernement-viennent, tantôt pour un motif, tantôt pour un autre, invariablement expliquer comment les meilleures intentions sont restées sans effets et comment s’est trouvée forcément ajournée l’exécution des engagemens pris.

De la part du corps législatif, soumission entière à la constitution, mais réclamations persistantes contre l’extension donnée aux principes qu’elle a consacrés et contre l’insignifiance, du rôle auquel il se trouve ainsi réduit ; plaintes respectueuses, mais fermes, et sans cesse renouvelées, contre la non-observation des règles de la spécialité, contre le recours fréquent, et trop souvent mal justifié, à ces crédits supplémentaires frappés d’un blâme si violent et si peu mérité à l’adresse du passé. Il serait injuste de ne pas tenir compte au

  1. Séance du 19 mai 1853.
  2. J’ai cru devoir reproduire ce passage tel que le donne le Moniteur. Cette version est toutefois bien terne à côté du discours tel qu’il a été prononcé et tel qu’il se trouve dans l’indépendance belge supplément au n° du 24 mai 1853).