Page:Revue des Deux Mondes - 1862 - tome 38.djvu/406

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le Nivernais ne formait que le tiers de l’étendue totale de la généralité ; l’assemblée qui devait représenter le reste se réunit le 1er septembre 1788 dans la bibliothèque des doctrinaires, à Moulins. Le roi, se rendant aux vœux anciennement exprimés, venait de créer un évêché dans cette ville ; mais la procédure canonique n’était pas encore terminée, et en attendant l’érection définitive, le roi avait nommé au futur évêché l’abbé Des Gallois de La Tour, doyen de l’église royale et collégiale de Moulins. C’est cet abbé de La Tour, évêque nommé de Moulins, qui fut désigné pour présider l’assemblée provinciale ; il était fils du premier président du parlement de Provence, et avait été lui-même conseiller au parlement avant d’entrer dans les ordres. Les autres membres de l’assemblée furent pris autant que possible parmi ceux qui avaient fait partie de la première en 1780. Ils devaient être au nombre de 32. Le comte de Douzon, commandant de la province, figurait en tête de la noblesse. Comme celle du Nivernais, l’assemblée pourvut aux places vacantes dans son sein, nomma la commission intermédiaire et les procureurs-syndics, divisa la province en quatre départemens, dont les chefs-lieux étaient Moulins, Montluçon, Gannat et Guéret, et se sépara en s’ajournant au mois de novembre. Elle aussi ne devait plus se réunir ; mais, comme en Nivernais, la commission intermédiaire resta en 1789 la seule autorité locale. On conserve aux archives de Moulins les procès-verbaux de cette commission, qui se réunit sous la présidence de l’abbé de La Tour jusqu’au 22 juillet 1790.

Quand on sut que le Dauphiné avait réclamé et obtenu, au lieu de l’assemblée instituée par le roi, des états provinciaux, cette nouvelle prit feu comme une traînée de poudre dans tout le royaume. La commission intermédiaire du Bourbonnais partagea l’entraînement général : elle écrivit aux assemblées de département pour les inviter à provoquer des états provinciaux sur le modèle du Dauphiné. L’assemblée du département de Moulins se réunit sous la présidence du marquis Des Gouttes, chef d’escadre des armées navales, le même à qui Arthur Young voulut un moment acheter le château et la terre de Riau. Le rapport fut présenté par le comte de Tracy, colonel du régiment de Penthièvre, déjà membre de l’assemblée provinciale du Berri, et qui siégeait à Moulins comme seigneur de Paray-le-Frésil. » Nous avons reconnu, dit-il, que le changement le plus utile que l’on pût faire à cette administration, c’était de faire en sorte qu’elle fût composée de véritables représentais de la nation, élus librement et légitimement par elle, au lieu de simples délégués du gouvernement tels que nous le sommes. N’ayant point dans ce moment cette qualité précieuse de fondés de pouvoirs de vos compatriotes, vous ne pouvez présenter vos délibérations