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Commercy dans la Meuse, Briey et Sarreguemines dans la Moselle. On y payait très peu d’impôts, 13 livres seulement par tête ou la moitié de ce qu’on payait en Champagne, et la population y était bien plus nombreuse et plus riche.

L’assemblée provinciale de cette généralité se composait de 48 membres. M. de Fontanges, évêque de Nancy, qui la présidait d’abord, ayant été nommé archevêque de Bourges, l’évêque de Saint-Dié, M. de La Galaisière, le remplaça dans la présidence, en attendant l’arrivée du nouvel évêque de Nancy, M. de La Fare. M. de La Porte, intendant, remplissait les fonctions de commissaire du roi. Les procureurs syndics élus furent, pour les deux premiers ordres, le baron de Fisson, conseiller au parlement, et pour le tiers-état, M. Coster, avocat, ancien premier commis des finances, secrétaire perpétuel de l’académie de Nancy, auteur d’une Vie du dux de Lorraine Charles III et d’un Éloge de Colbert, qui avait concouru avec celui de Necker à l’Académie française. Parmi les membres, on peut citer : dans le clergé, l’évêque d’Ascalon, vicaire-général de l’évêque de Trêves pour la partie française de son diocèse, et l’abbé de Dombasle, chanoine de l’église cathédrale de Nancy, oncle du célèbre agronome de ce nom ; dans la noblesse, le comte de Custine, maréchal-de-camp, qui venait de prendre une part glorieuse à la guerre d’Amérique ; dans le tiers-état, M. de Manézy, maire de Nancy ; M. Durival, ancien secrétaire des conseils du roi Stanislas, auteur de la grande Description historique de la Lorraine et du Barrois ; M. Duquesnoy, avocat à Briey, qui s’est fait connaître plus tard par de nombreux écrits économiques et politiques ; M. Haxo, prévôt à Saint-Dié, etc.

Les procès-verbaux de cette assemblée[1] sont des plus importans. Les documens qu’ils renferment attestent une grande habitude de toutes les questions financières et administratives. La Lorraine n’avait pu voir en vain des règnes comme ceux de Léopold, de François et de Stanislas. Elle avait déjà plus de six cents lieues de routes ouvertes. La corvée y avait, comme tous les impôts, un tel caractère de douceur que, lorsqu’il fut question d’exécuter l’édit qui la supprimait, un cri s’éleva de toutes parts pour demander au moins la liberté d’option. Dans toutes les autres provinces, excepté le Hainaut, le roi avait arrêté d’avance le règlement de l’assemblée provinciale et des assemblées secondaires ; mais en Lorraine il provoqua une délibération pour lui indiquer les changemens que les habitudes locales pouvaient rendre nécessaires. L’assemblée consacra un grand nombre de séances à l’examen du

  1. 1 vol. in-4°, imprimé à Nancy, chez Hœner.