Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 89.djvu/446

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


L’OCÉANIE EN 1869

Après avoir parcouru les pays de l’Amérique occidentale que baignent les flots du Pacifique depuis Chiloë jusqu’à Panama, le hasard, sous la figure du capitaine Pendergrast-Morton, commandant la goélette américaine Flying-Cloud (nuage qui fuit), nous fournit l’occasion, longtemps recherchée, de visiter l’Océanie, du moins cette partie de l’Océanie qui de la Nouvelle-Zélande s’étend jusqu’aux Sandwich, et qui comprend dans ses principaux archipels Taïti, les Pomotou, les Samoa, les Fidji et Tonga-Tabou. Nous étions désireux de voir ces îles lointaines, dont les noms se rattachent au souvenir des grands navigateurs qui les découvrirent au siècle dernier, les Cook, les Wallis, les Bougainville, les Lapérouse.

De quelle vie ont vécu les populations de ces contrées depuis que ces grands hommes en ont révélé l’existence au monde européen ? Quels changemens, quels progrès se sont opérés en elles ? Quel est leur état actuel, quel avenir paraît les attendre ? Telles sont les questions dignes d’intérêt qui éveillaient notre curiosité, et sur lesquelles nous allons exposer ici, sous la forme un peu sommaire de notes de voyage, les renseignemens recueillis dans une année entière de courses incessantes à travers l’Océanie.


I

L’immense espace compris du nord au sud entre les deux tropiques, de l’est à l’ouest entre les rivages de l’Amérique occidentale et le 1708 degré de longitude est de Paris, forme sous le nom de Polynésie une des trois grandes divisions de l’Océanie et une des régions maritimes les plus remarquables du monde soit par la constitution particulière des terres dont elle se compose, soit par les caractères généraux de la race qui l’habite. Les nombreux archipels de cette région singulière, disséminés à grande distance les