Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/259

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intitulé : Traité de confédération et alliance entre Henri II, roi de France, d’une part, et Maurice, électeur de Saxe, et autres princes et états ses alliés, d’autre part, contre l’empereur Charles V, pour la conservation des franchises et libertés des électeurs, princes et états de l’empire. Il est dit dans le préambule que les princes allemands, « voyant clairement les ruses, subtiles pratiques et effets, par lesquels l’empereur, leur ennemi commun, tâche, partie secrètement, partie ouvertement, et tend de plus en plus à trouver le moyen comme il pourra contraindre non-seulement les électeurs et princes, mais encore les comtes, les seigneurs, la noblesse, les villes et autres sujets de notre chère patrie la Germanie, de tomber de leur ancienne franchise et liberté en une bestiale, insupportable et perpétuelle servitude, comme il a été fait en Espagne et ailleurs, et ce en telle sorte que déjà il est venu à bout d’une partie de ses desseins… ; que, par leur icelle patience ou tolérance, eux Allemands ont acquis par tout le monde une mauvaise réputation, et que, s’ils venaient à mourir sans que premier ils eussent fait à l’encontre quelque chose notable, la postérité chargerait encore plus leur honneur qu’on ne fait à cette heure… ; que, ne voulant que cette infamie demeure plus longtemps sur eux,… ils sont entrés de bonne foi en l’intelligence qui s’ensuit avec Henri II, très chrétien roi de France, leur singulièrement aimé seigneur et ami, comme celui duquel les prédécesseurs ont fait le plus de bien et d’avantage à la nation germanique, etc. » Puis, passant au dispositif du traité, il y est stipulé que, « pour l’entretenement des gens de guerre, le roi de France sera tenu de fournir, pour les trois premiers mois, 240,000 écus, et pour chacun des autres mois suivans la somme de 60,000 écus seulement. » L’argent devait être compté à Bâle, et le nombre des troupes à mettre en campagne de part et d’autre était soigneusement détaillé. Les princes signataires se portaient forts pour l’électeur Jean-Frédéric et le landgrave de Hesse, lorsqu’ils auraient recouvré leur liberté. Maurice était constitué général en chef des forces allemandes. Suit une clause menaçante pour les traîtres défectionnaires ou parjures. On lit ensuite cette clause touchante : « Si cette entreprise durait et que quelqu’un d’entre nous, pour avoir longuement fourni sa quotité, devînt si pauvre qu’il ne le sçût plus faire, et que après, tôt ou tard, on fît quelque appointement ; ce nonobstant, celui qui serait ainsi appauvri ne sera exclu dudit appointement ; ainsi, aussi bien que l’un de nous autres, jouira de tout ce qui reviendra dudit appointement, sans en être exclu, le tout sans fraude. » Il est aussi convenu qu’on donnera des otages des deux côtés : Henri II donne les siens aux princes allemands ; ceux-ci donnent les leurs au roi de France. Après il est dit