Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/264

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


passées, entre le roi des Romains et vous, au voyage qu’avez fait devers lui à Lintz, d’où, à ce que je vois, vous avez rapporté promesse de la délivrance de mon cousin le landgrave de Hesse, votre beau-père, et de plusieurs autres choses, par où vous espérez être satisfait de l’empereur, ayant pris assignation au 26 de ce mois à Passau, pour l’entière résolution de ce négoce ; me remontrant les considérations qui vous ont meu à entendre auxdites conditions, tant pour le bien et repos de la Germanie que pour éviter l’effusion du sang humain ; aussi que lesdites conditions sont telles que vous ne pouvez mieux espérer de l’issue d’une longue guerre que ce qui vous est présentement offert et accordé. Sur quoi je vous dirai, mon cousin, que je vous ai toujours estimé si prudent et tant avisé, que je m’assure que vous aurez bien mis en considération toutes les choses présentes et futures qui dépendent et appartiennent à une affaire de si grande importance ; en quoi Dieu veuille que vous ne soyez point trompé, pour être la parfaite confirmation de mon désir et de l’intention de mon entreprise.

« Car, en premier lieu, il sera en perpétuelle mémoire de tout le monde que, comme prince d’honneur, de vertu et de foi que je suis, j’ai pour le bien de la Germanie, et à la très instante requête de vous et des autres princes d’icelle, affligés comme ils étaient, et par traité fait avec eux, amené mon armée en personne jusques au Rhin, et fait tel devoir de poursuivre mon entreprise, que par ce moyen lesdits princes auront obtenu ce qu’ils demandaient. J’aurai mis en liberté un prince mon ami de longtemps, assuré ses états, rétabli les choses gâtées par la puissance et oppression d’autrui, et, au demeurant, rachapté et rendu, par ma force et faveur, à votre nation et patrie ses anciennes libertés ; de quoi j’attends une immortelle obligation et bienveillance de vous, desdits princes, et généralement de toute ladite nation, pour l’assurance que j’ai que vous ni eux ne l’oublierez jamais, étant nés et sortis de sang si grand et si illustre qu’est la maison dont vous portez le nom, et que, m’étant débiteurs de ce bien, vous me tiendrez ce que vous m’avez promis, et en ferez la reconnaissance par effet, quand le besoin le requerra, en mon endroit.

« Cependant, voyant ma présence par-deçà n’y être plus nécessaire, je m’en vais donner ordre à mes affaires particulières, en quoi Notre-Seigneur m’a pourvu de tels moyens que je n’en puis espérer moins favorable issue. Quant à ce qui est entre l’empereur et moi, si la guerre doit durer, j’ai forces et de quoi la lui faire trouver aussi ennuyeuse qu’il saurait faire à moi, et d’avoir la raison à bon escient du tort qu’il me tient. En quoi je suis sûr que l’assistance de mes amis ne me faudra point, et principalement de vous,