Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/489

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1841 n’avait pas dépassé 13 millions de liv. st., avait été de 1842 à 1852 de 51 millions de livres, et devant un pareil résultat il n’était pas permis d’hésiter, Il fallait affranchir au plus tôt le commerce des entraves qui le gênaient, d’autant mieux que ce serait aussi le moyen d’améliorer de la façon la plus efficace la condition des classes ouvrières. Le plus grand bienfait qu’on pût leur procurer n’était pas tant au fond de réduire le prix des objets qu’elles consommaient que de mettre à leur portée la plus grande quantité de travail possible, et si depuis quinze ans leur situation avait été si heureusement modifiée, il fallait attribuer ce changement non à la réduction ou à la suppression de quelques droits dont étaient grevés les objets de consommation, mais bien à ce qu’un champ plus vaste ouvert à l’industrie avait permis de mieux rémunérer leur travail. » A ce sujet, M. Gladstone fit même observer que sans aucun doute la législation de 1846 sur les céréales avait contribué à l’abaissement du prix du pain, et cependant cet abaissement en avait été le moindre avantage. Le bienfait principal de la législation nouvelle était d’avoir créé un commerce sûr et régulier de 15 millions de liv. st., commerce qui, en établissant un échange constant de demandes entre les pays producteurs de grains et l’Angleterre, avait augmenté chez cette dernière et le travail et le prix de la main-d’œuvre. Aussi le ministre demandait-il des réductions ou suppressions de taxes pour une somme de 1,035,000 livres sterling, dont une partie, soit 125,000 livres, pourrait être rendue en 1860 au trésor par un accroissement de consommation. Si la mesure était adoptée, les articles soumis au tarif, qui antérieurement à 1842 étaient de 1,052, et depuis lors, par des réformes successives, avaient été ramenés à 419, ne seraient plus désormais qu’au nombre de 48, conservés les uns à raison de leur analogie avec les produits indigènes soumis à l’excise, et les autres, tels que le tabac, le vin, le sucre, le thé, le riz, le bois, le blé, le café, etc., dans un intérêt purement fiscal. Ce n’était pas tout, et, voulant étendre à l’excise l’application des principes mis en pratique pour les douanes, M. Gladstone proposa la suppression immédiate du droit sur la fabrication du papier indigène. La perte que cette suppression devait imposer au trésor serait à la vérité considérable, soit de 1 million de liv. st. ; mais il n’y avait pas d’article, fit observer le ministre, qui rentrât plus que le papier dans les usages de la vie ordinaire et du commerce. Il était même employé comme matière première et indispensable dans plus de soixante industries, et d’ailleurs, les établissemens qui le produisaient se trouvant généralement à la campagne et sur les bords des cours d’eau, il y avait tout intérêt à en favoriser le développement pour attirer ainsi dans