Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/507

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


faite. Pourtant, comme l’income-tax était payable moitié en octobre, un quart en janvier de l’exercice pour lequel il était dû, et le dernier quart au commencement de l’exercice suivant [1], il pensa que sans plus tarder ces termes pourraient être modifiés d’une façon également avantageuse pour le trésor et pour le contribuable. En conséquence, il proposa de décider que désormais l’ensemble de la taxe serait perçu dans le courant de janvier, de telle façon que l’obligation pour le contribuable de payer le dernier quart trois ou quatre mois plus tôt se trouvait largement compensée par le profit qu’il aurait à s’acquitter de la première moitié trois mois plus tard ; mais pour le trésor il devait y avoir double avantage. Le premier serait que les recettes d’un exercice ne se confondraient plus avec celles d’un autre, et le second qu’une rentrée supplémentaire de 2,300,000 liv. sterling pour 1869, ajoutée à celle de 1 million donné par les assessed-taxes, porterait pour cet exercice l’excédant disponible à 3,400,000 liv. Cet excédant permettait donc de ramener l’income-tax de 6 à 5 deniers, et de réduire ou supprimer diverses taxes plus gênantes que productives, comme celles qui étaient établies sur la poudre à cheveux, sur les fiacres, les omnibus, les voitures publiques, dont les propriétaires ne durent plus être soumis qu’au droit sur les chevaux, celle sur les assurances contre l’incendie, taxe d’autant plus inique qu’elle frappait la prévoyance, enfin de faire disparaître des tarifs de douane le droit de 1 shilling par quarter de blé importé. Ce droit, conservé par Robert Peel, faisait observer M. Lowe, produisait 900,000 liv. st., et il était d’autant plus vicieux, d’autant plus injuste, qu’en temps de disette il pesait principalement sur les classes pauvres, qui, n’ayant pas les moyens de s’alimenter d’autres denrées, vivaient alors exclusivement de pain. Le montant de ces diverses remises devait procurer aux contribuables un soulagement définitif de 3,060,000 liv. st. ; mais en 1869 le sacrifice ne devait être pour le trésor que de 2,940,000 liv., et, toutes les propositions de M. Lowe ayant été acceptées, le budget fut voté avec un excédant de recettes de 440,000 liv. st.

Ainsi donc, après avoir été pendant deux ans entraînée par des circonstances exceptionnelles dans la voie des dépenses extraordinaires et des surtaxes, l’Angleterre avait hâte de se libérer des engagemens que ces circonstances l’avaient mise dans la nécessité de contracter, et d’en revenir aux réductions de dépenses et de taxes. Aussi M. Lowe put-il dire, aux acclamations de la chambre1 : « Le budget que nous vous avons présenté nous a trouvés avec un déficit, et il nous laisse avec un excédant de ressources ; il a trouvé le revenu en baisse, et il nous a donné la plus forte raison d’espérer

  1. On sait qu’en Angleterre l’année financière va d’avril à avril.