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LES CLUBS
PENDANT LE SIEGE DE PARIS


I

Les clubs auront leur page dans l’histoire du siège de Paris. Ce n’est pas qu’ils aient acquis sur les esprits et sur la direction des affaires publiques une influence comparable à celle des clubs de la première révolution. Non ! s’il y a encore des jacobins qui considèrent la république comme leur propriété et la France comme la propriété de la république, ils n’ont pas réussi, comme ils l’eussent souhaité et comme ils l’ont tenté le 31 octobre, à faire main basse sur la république et sur la France. Nous n’avons donc rien qui ressemble à ce club des jacobins de dictatoriale mémoire où les membres du comité de salut public venaient prendre le mot d’ordre du « peuple, » où l’on proposait les « moyens révolutionnaires, » que la convention terrorisée, s’empressait ensuite de décréter, où l’on dressait la liste des suspects, des accapareurs et des agens de Pitt et de Cobourg, que le tribunal révolutionnaire se chargeait de son côté d’envoyer à la guillotine. Aucun club, pas même le club de la salle Favié à Belleville ou le club de la Patrie en danger, que présidait naguère M. Blanqui, n’a obtenu la survivance du Club des Jacobins. Cela tient sans doute un peu aux souvenirs que le gouvernement de la démagogie a laissés à la population parisienne, cela tient probablement plus encore à ce que le gouvernement de la défense nationale n’est point à la merci des masses populaires comme l’était la convention dominée par là commune.

Mais, sans insister sur les causes qui nous ont permis de supporter les clubs dans un moment où on pouvait craindre qu’ils ne fussent le moins supportables, il est intéressant de voir comment