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LE


RÉGIME PARLEMENTAIRE


ET


LES PARTIS EN ITALIE


I. — Sulle condiozione della cosa pubblica in Italia dopo it 1866, Stefano Jacini, 1870. — II. I partiti pollici nel parlamento italiano, Ruggiero Bonghi. — III. — Della mancanza dei veri partiti politici in Italia, A. Scialoja.




I.

L’Italie n’a pas eu à se plaindre des rigueurs du sort ; tout l’a favorisée : ses insuccès même lui ont apporté plus de profits que n’auraient pu le faire de grandes victoires. Les souvenirs de l’antiquité, ses œuvres d’art, sa gloire littéraire, ses monumens, ses luttes persistantes pour reconquérir l’indépendance et la liberté, ses souffrances, la douceur de son climat, la beauté de ses sites, chantés par tous les poètes, son génie musical, sa langue mélodieuse, tout enfin contribuait à la faire aimer comme une seconde patrie par les hommes cultivés du monde entier. Elle était le représentant le plus complet et le plus intéressant du principe des nationalités. Dans ses efforts pour repousser l’étranger de la terre italienne, elle avait donc pour elle les vœux de presque toute l’Europe. Rien n’est plus extraordinaire que la succession d’événemens qui en si peu de temps a fait de l’Italie, simple expression géographique, disait-on, un royaume indépendant, unifié, réunissant toutes les conditions