Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 94.djvu/602

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on voit des dessins, des modèles d’appareils, des reproductions coloriées de divers phénomènes et surtout du spectre solaire et des spectres des différentes flammes. Une petite pièce voisine sert d’atelier pour la réparation des instrumens. Une chambre noire est destinée aux expériences d’optique. — Nous avons en France, à l’École polytechnique, au Conservatoire des arts et métiers, à la Sorbonne, au Collège de France, de fort belles collections d’instrumens de physique; mais nous manquions jusqu’à ces derniers temps de laboratoires de physique. L’enseignement de cette science est resté chez nous théorique, et les professeurs ne se sont point occupés d’initier directement leurs élèves à la pratique de l’expérimentation. Gay-Lussac à l’École polytechnique, Biot et M. Regnault au Collège de France, MM. Becquerel père et fils au Muséum, ont exécuté de célèbres travaux, mais n’ont point fondé d’école de physique. Les appareils de cabinet ont été presque exclusivement consacrés par eux aux démonstrations qui doivent accompagner les leçons orales. Nous devons dire cependant que M. Regnault a toujours eu à son laboratoire du Collège de France quelques élèves. C’est là que M. Mascart a fait en dernier lieu ses expériences remarquables sur les ondulations lumineuses. C’est là qu’on voit aussi les grands appareils mémorables qui ont servi aux recherches classiques de M. Regnault sur la force élastique des gaz et des vapeurs. Tous les savans de l’étranger sont venus visiter à Paris le laboratoire d’un de nos physiciens les plus originaux et les plus ingénieux, enlevé prématurément à la science il y a quelques années. Le laboratoire de Foucault était installé dans le pavillon qu’il habitait, rue d’Assas. Foucault construisait lui-même, avec une habile et fine industrie, les appareils destinés à ses expériences, et les installait à demeure chez lui. Tout y était disposé de la façon la plus élégante et la plus confortable, afin d’assurer le calme et le bien-être si nécessaires aux expérimentations précises et délicates. Un large balcon était pourvu d’un sidérostat qui permettait à l’inventeur du gyroscope de faire de l’astronomie physique au coin de son feu. Récemment, en vue d’élever le niveau des études de physique en France, M. Duruy a fait créer un laboratoire à la Sorbonne et l’a placé sous la direction de deux savans de mérite, MM. Jamin et Desains. Un certain nombre de jeunes élèves y apprennent à se servir des instrumens, quelques-uns même sont autorisés à poursuivre des recherches pour leur compte. Ce laboratoire, assez grand, pourvu des appareils nécessaires, aura une heureuse influence sur la physique française, à la condition toutefois qu’on ne s’arrête pas dans la voie des dépenses, car ici le constructeur est l’auxiliaire indispensable du chercheur, et les appareils sont coûteux.

L’Allemagne a d’importantes collections d’instrumens de phy-