Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/469

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Samson nous fait assister à ce combat de deux influences également chères. Ces dessins eurent à leur apparition une sorte de retentissement ; on les regarde aujourd’hui avec plus d’indifférence, blasé qu’on est sur ce travail jadis nouveau qui mariait, les colorations de la peinture à l’huile au grenu du papier et aux vigueurs du crayon noir. Depuis on est allé plus loin dans l’emploi tourmenté des procédés. N’est-ce pas aussi que, l’éducation du public s’étant faite rapidement dans ces temps où l’art à chaque pas s’impose aux regards, l’amateur lui-même est devenu plus exigeant ? Il trouve, comme l’homme du métier, que le pinceau seul peut prendre des licences qui ne sont pas permises au crayon, et que, sans le secours du ton, le plus inventif des artistes ne saurait se passer d’un dessin précis et châtié.


Une grande quantité d’objets d’art sont venus encore se joindre aux tableaux et aux dessins qui garnissent les salons de l’ancienne présidence du corps législatif ; ils reposent l’attention en lui fournissant de nouveaux sujets d’admiration. Entreprendre de décrire ces trésors, serait fatiguer le lecteur ; d’ailleurs la foule est bon juge, et dans ces inventaires de la curiosité elle sait bien d’elle-même trouver les pièces rares sans qu’on ait besoin de les lui signaler ; peut-être cependant n’est-elle pas toujours assez sérieuse dans toutes ses préférences. Le joli a pour elle un attrait dont elle ne se cache pas, et les bustes de Pajou lui plaisent plus facilement que les terres cuites de Donatello. La sculpture est un art austère qui intimide ; il faut toute la grâce cavalière, l’élégance royale du modèle et la richesse de la matière pour réchauffer la froideur des passans devant un des plus beaux ouvrages de Rudde, le Louis XIII enfant, cette statue que la piété reconnaissante du duc de Luynes éleva un jour dans son château de Dampierre au bienfaiteur de sa famille. Le Mercure, du même auteur, appartenant à M. Thiers, modèle réduit du beau bronze qui a disparu dans l’incendie de l’Opéra, est la seule pièce qui soit sortie de cette collection unique à Paris dont chaque morceau est un chef-d’œuvre.

Est-il besoin de vanter les magnifiques vitrines où s’étalent les richesses appartenant à la famille de Rothschild, ces faïences d’Oiron, ces innombrables émaux, ces bijoux sans prix, ces pendules de Boule et ces statuettes, et cette grande figure aux chevaux d’or, œuvre pardonnable de la décadence italienne ! — M. Didot a envoyé ses plus beaux manuscrits, — M. de Ganay ses reliures de Groslier ; des tabatières d’or, aux miniatures de Petitot, reluisent sous le rayon du jour dans l’embrasure des fenêtres. Tous les goûts, nous ne voulons pas dire toutes les manies, ’ont tenu à se faire représenter à