Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/576

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’autres ont été mises en avant ; il est probable que tous ces faits se sont produits simultanément et ont confirmé l’existence d’un grand dépôt de diamans dans cette région.


I

Il y a trois routes principales conduisant aux placers diamantifères. Celle de la colonie de Natal, plus courte comme distance, est peu fréquentée à cause de l’éloignement des ports auxquels doivent se rendre les personnes arrivant de l’extérieur ; il ne s’y trouve aucun service de transport établi ; le voyageur est dans la nécessité d’organiser lui-même tout son matériel et de se charger de ses vivres et des rations de ses chevaux, car il ne serait pas sûr de s’en procurer en chemin. Par le fait, on met plus de temps pour arriver de ce côté, et le voyage est plus coûteux ; la seule chose qui pourrait certes compenser les ennuis de ce pénible trajet, c’est le passage du Draken’s Berg (Montagne du Dragon), d’où le panorama est si beau, si grand, que les personnes les moins sensibles aux spectacles de la nature ne peuvent se défendre d’une admiration profonde en contemplant ce paysage vaste et riche, si digne d’inspirer un artiste.

La route de Port-Élisabeth est assez fréquentée et desservie par des voitures américaines qui font chaque semaine un voyage d’aller et un de retour qui durent cinq jours chacun. Enfin pour la troisième route, celle du Cap, on trouve deux lignes de diligences rivales qui ont chacune deux départs d’aller et deux de retour par semaine, et qui font le trajet en six jours environ. Ces voitures voyagent nuit et jour, et ne s’arrêtent que pour changer de relais aux fermes et dans les villages, où les voyageurs pendant ce temps prennent un repas quelquefois copieux, mais rarement appétissant. Quoique cette ligne soit plus longue que les autres, elle est plus suivie en raison des nombreuses stations où le voyageur peut non-seulement se ravitailler et trouver gîte pour lui et ses chevaux, quand il se sert de ses propres moyens de transport, mais aussi, en cas d’accident, recevoir assistance de tous ceux qui parcourent cette route. Lors de mon séjour au Cap, il y a trois ans, le prix du passage, par la diligence de Cape-Town aux mines était de 300 francs par personne, et les frais de nourriture et de couchée, quand on avait ce dernier luxe pendant quelques heures, pouvaient bien s’élever à 100 francs. En somme, ce ne serait pas trop cher, si l’on était un peu mieux nourri et mieux assis. Les diligences qui font ce service contiennent quatorze passagers, un conducteur, un cocher et un porte-fouet, profession peu connue en Europe, mais justifiée dans la colonie par le nombre de chevaux ou de bœufs qui constituent un attelage. On concevra en effet qu’un cocher chargé