Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/571

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voisines, et peut-être est-ce à des faits de ce genre autant qu’à la difficulté des observations qu’il convient d’attribuer la différence de chiffres obtenue par les géologues qui ont mesuré les principales cimes des Pyrénées depuis la fin du dernier siècle.

Une des conséquences les plus curieuses de l’inondation du 23 juin, c’est la solution qu’elle nous a donnée d’un problème archéologique intéressant le monde thermal qui se rend chaque année aux Pyrénées. Il s’agissait d’expliquer non le développement extraordinaire qu’ont pris depuis quelques années les sources minérales d’Aulus, mais l’oubli dans lequel elles étaient restées jusqu’à notre époque. La vogue d’aujourd’hui tient en grande partie aux événemens de 1870. Au lieu d’envoyer leurs malades aux eaux d’Allemagne, les médecins de Paris, qui, comme on sait, font en partie la réputation des stations thermales, se sont imposé, paraît-il, et comme d’un accord tacite, l’obligation de ne plus diriger leurs cliens du côté du Rhin. On ne pouvait prendre une telle détermination qu’à la condition de trouver en France des sources minérales pouvant lutter avec les eaux si renommées d’Allemagne. La liste des stations thermales répandues aux divers points de notre territoire étant très longue et les propriétés curatives des eaux de nature très diverse, les choix, quoique souvent assez divergens, n’ont été ni longs ni difficiles. Les cures extraordinaires qui se sont produites ces dernières années à Aulus et l’analyse que le docteur Garrigou a faite des sources ont déterminé quelques médecins à porter leurs préférences de ce côté. De l’avis de tous les praticiens qui les ont vues à l’œuvre, ces eaux sont sans rivales comme dépuratives, et possèdent au plus haut degré la propriété de réveiller l’énergie vitale. De là leur action héroïque dans le traitement des paralysies et de certaines affections spécifiques incurables partout ailleurs quand elles ont atteint un certain degré d’intensité, et qui disparaissent comme par miracle avec les eaux d’Aulus. Comment dès lors expliquer que des sources aux propriétés si merveilleuses fussent passées inaperçues des Gallo-Romains, qui ont laissé des vestiges de leur passage dans presque toutes nos grandes stations thermales des Pyrénées : Amélie-les-Bains, Luchon, Bigorre, Cauterets ? En 1848, lorsqu’on exécuta des fouilles pour la construction de la première buvette, les ouvriers avaient rencontré à 2 ou 3 mètres de profondeur un plancher en bois de chêne avec les débris d’une balustrade et une ouverture circulaire au milieu dans l’axe du griffon. Au fond se trouvaient des restes de verres et de poteries. Personne ne prêta aucune attention à cette trouvaille, elle ne revint en mémoire qu’en 1872 lorsqu’on démolit les anciennes constructions pour élever l’établissement thermal qu’on voit aujourd’hui. Les nouvelles