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LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE
ET
LA LOI DU PROGRES
D'APRES DES RECENS TRAVAUX

I. The Philosophy of history in France and Germany, by Robert Flint ; Londres 1874. — II. La Scienza della storia, di N. Marselli ; Turin 1873, — III. Les Deux Cités ; la philosophie de l’histoire aux différens âges de l’humanité, par F. de Rougemont ; Paris 1874. — IV. Edgar Quinet, l’Esprit nouveau, Paris 1875. — V. Francisque Bouillier, Morale et progrès, Paris 1873.

Le meilleur signe de progrès dans notre siècle, c’est peut-être qu’on y parle beaucoup de progrès. Bien des gens, il est vrai, en parlent de confiance, et seraient fort embarrassés d’éclaircir les vagues idées que ce mot éveille en eux ; réjouissons-nous toutefois que, même mal ou peu compris, il soit sur toutes les lèvres : on en peut conclure qu’il exprime une tendance sérieuse de toutes les âmes. Vous pouvez tenir pour certaines la médiocrité d’un artiste qui trouve bonne son œuvre telle qu’elle est, l’insuffisance d’une vertu qui ne se souhaite pas plus parfaite : augurez de même d’un siècle ou d’un peuple qui n’aspire pas à sortir de soi pour s’élever plus haut. Cette aspiration est l’honneur et le danger de notre époque. Les uns, au nom du progrès, nous proposent de nous rompre le cou pour arriver plus vite ; les autres, au nom du progrès aussi, voudraient nous convaincre que le plus sûr moyen d’avancer, c’est de retourner en arrière. De part et d’autre illusion et