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MŒURS FINANCIERES
DE LA FRANCE

V.
LE PARQUET DES AGENS DE CHANGE DE PARIS.

Quand la pensée embrasse une période de plusieurs années et que le souvenir se reporte aux habitudes générales, aux mœurs et aux idées du public par rapport à certains faits ou à certaines questions, on est tout surpris de voir combien de préoccupations autrefois si vives ont disparu, combien de passions prétendues irrésistibles se sont calmées, sans que cependant rien ait été tenté pour les effacer ou les amortir. Après la révolution de 1848, aucun mot n’a soulevé plus de critiques que celui de privilège, aucune question n’a été plus controversée que celle de la vénalité des offices. Charges d’avoués, de notaires, d’agens de change surtout, il semblait que l’on dût tout abolir avec ou sans indemnité, et la presse radicale n’était pas la seule à revendiquer la destruction de ce dernier abus de la monarchie. Il ne s’agissait plus cependant de ces créations de fonctions plus ou moins sérieuses que les gouvernemens obérés vendaient à beaux deniers comptans à des titulaires improvisés ; mais l’obligation, pour occuper ce qu’on appelait des offices, d’en payer le prix aux prédécesseurs blessait des sentimens d’équité plus respectables que réfléchis. Aujourd’hui, parmi les traits les plus saillans que présente l’étude des mœurs financières de la France, s’il en est un qui ait disparu, c’est assurément l’impopularité attachée au maintien des offices et à la vénalité des charges. A considérer l’énorme progression de la richesse mobilière, le nombre toujours