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LES PROGRES
DE
L'ASTRONOMIE STELLAIRE

« Qu’est-il nécessaire à l’homme de rechercher ce qui est au-dessus de lui, lorsqu’il ignore ce qui lui est avantageux dans sa vie, durant le nombre des jours de son pèlerinage et dans le temps qui, comme l’ombre, passe ? ou qui pourra lui indiquer ce qui après lui doit arriver sous le soleil ? » À ces paroles de l’Écclésiaste répond en nous l’insatiable curiosité qui nous pousse à franchir les limites de l’étroite prison terrestre pour sonder l’espace sans bornes où le système solaire flotte comme un îlot perdu dans l’océan.

Les dimensions de cet îlot nous sont connues, les astronomes en ont depuis longtemps levé le plan et dressé la carte topographique ; il ne s’agit plus aujourd’hui que de corriger les détails, de compléter l’inventaire du menu peuple d’astéroïdes, de comètes, de bolides, qui remplit les espaces interplanétaires, et d’étudier plus à fond la nature intime des corps célestes qui forment la tribu solaire. Depuis la découverte de Neptune, qui a doublé l’aire du domaine soumis au soleil, il n’est guère probable qu’il reste encore à trouver quelque grosse planète de cette importance. Les lois de Newton, appliquées aux mouvemens des planètes, se vérifient tous les jours, et, grâce surtout aux travaux de M. Le Verrier, nous approchons du moment où les moindres circonstances de ces mouvemens pourront être calculées à l’avance avec une précision comparable à celle des observations elles-mêmes. Dès lors il nous est loisible de tourner nos regards avec une plus grande liberté d’esprit vers les régions lointaines des étoiles, que depuis tant de siècles nous contemplons comme du haut d’une échauguette, osant à peine jeter dans ces profondeurs vertigineuses la sonde du raisonnement mathématique.