Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/641

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accomplir autour de leurs positions moyennes et qui leur font décrire des ellipses microscopiques où se reflète en petit l’orbite que la terre parcourt autour du soleil. Ces oscillations ne changent donc en rien la place que l’astre occupe réellement dans le ciel. Il en est de même des oscillations apparentes qui ont pour cause l’aberration de la lumière ou la nutation de l’axe terrestre : ces écarts périodiques ne dépendent que du mouvement de l’observatoire flottant à bord duquel nous voyageons autour du soleil ; on en tient compte par un calcul très simple, et les catalogues d’étoiles n’en renferment plus de trace. Eh bien ! si on compare deux catalogues dressés pour des époques un peu distantes l’une de l’autre, il se trouve toujours que les positions des étoiles, rapportées aux mêmes repères fixes, ne s’accordent pas.

Les différences qui restent sont en moyenne d’une dizaine de secondes pour cent ans, ce qui fait un dixième de seconde pour l’espace d’une année ; elles représentent ce que les astronomes appellent les mouvemens propres des étoiles. On conçoit que des variations aussi faibles ne se dégagent pas nettement des séries d’observations qui n’embrassent qu’un petit nombre d’années. On n’a pu les reconnaître avec certitude que depuis qu’il est devenu possible de comparer entre eux des catalogues séparés par des intervalles de cinquante ou même de cent ans. Le point de départ et la base de toutes les recherches sur les mouvemens propres sont toujours les observations de Bradley, qui nous font connaître, avec une précision vraiment extraordinaire pour l’époque, les positions de plus de 3,000 étoiles. Ces positions, calculées pour l’année 1755, ont été publiées par Bessel sous ce titre : Fondemens de l’astronomie, déduits des observations de l’incomparable Bradley. La seconde étape est marquée par le célèbre catalogue de 47,000 étoiles, fondé sur l’Histoire céleste de Lalande, auquel il faut ajouter les 10,000 étoiles du ciel austral déterminées par Lacaille pendant son séjour au Cap de Bonne-Espérance ; puis viennent ces inventaires rapides d’une région limitée du ciel qu’on appelle des zones : les zones de Bessel, d’Argelander, de Lamont, tant d’autres qui ont précédé la révision générale du ciel que depuis quelques années se sont partagée les observatoires des deux mondes. Ces relevés sommaires ne comportent pas, cela se comprend, une très grande précision du lieu observé de chaque étoile ; ils permettent en revanche de dresser des cartes célestes très complètes où les étoiles sont inscrites à leurs places et classées par ordre de grandeur. La précision est au contraire le but principal des déterminations qui se font chaque jour dans les grands observatoires, comme Greenwich, Paris, Poulkova, et dont les résultats sont catalogués à des intervalles réguliers. Peut-être arrivera-t-on à concilier la rapidité