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encore plus étendues en surface, et ont encore plus d’épaisseur en charbon. Remarquons que c’est entre quelques degrés de latitude et dans l’hémisphère nord, précisément dans les régions où devait s’épanouir la civilisation contemporaine, la seule qui ait réellement fait usage de la houille, que la nature s’est plu à accumuler le précieux fossile. Est-ce par une espèce d’harmonie préétablie que les choses se sont ainsi passées ? Quoi qu’il en soit, les grands magasins souterrains de houille sont dès à présent en Amérique, et il est dans les destinées manifestes des États-Unis, comme tous les Américains le répètent déjà avec orgueil, de devenir bientôt les plus grands producteurs de charbon sur le globe. Il en sera de même pour le fer, comme nous allons le prouver.


II. — LE FER.

Le minerai de fer est abondamment répandu aux États-Unis dans différentes formations géologiques, les unes plus anciennes, les autres contemporaines, les dernières plus modernes que le terrain houiller. Partout le minerai est fouillé et porté aux usines, depuis le lac Champlain, dans le nord de l’état de New-York, jusqu’aux limites de l’Alabama, depuis les bords de l’Atlantique jusqu’aux Montagnes-Rocheuses, et de celles-ci au Pacifique. Toutes les variétés y sont, et les mines si fertiles et si célèbres de la Suède, de l’Écosse, de l’Espagne, de l’île d’Elbe, de l’Algérie, ont en Amérique des sœurs.

Le minerai magnétique de Suède, si estimé et qui donne un fer de qualité supérieure, celui avec lequel les Anglais font l’acier de Sheffield, se retrouve dans la Caroline du nord. Le black-band, ou roche noire d’Ecosse, qui produit une fonte renommée, existe dans l’Ohio, la Virginie, l’Alabama. Les minerais carbonates spathiques, lamelleux, cristallins, si abondamment répandus sur les versans des Alpes et qui interviennent si utilement dans la fabrication de l’acier, se rencontrent dans le Connecticut et l’état de New-York. Les minerais manganésifères, qui servent à la fabrication des fontes miroitantes ou spiegeleisen des Allemands, avec lesquelles on prépare ensuite l’acier Bessemer, existent en immenses dépôts dans le Missouri, et là rappellent certains gîtes si particuliers d’Afrique ou d’Espagne. Les minerais magnétiques et peroxydes de l’île d’Elbe ont des analogues dans le Michigan et en Pensylvanie, où le mont Cornwall fait songer au mont Calamita, tandis que les fers oligistes qu’on embarque à Marquette, sur le Lac-Supérieur, seraient aisément confondus avec ceux de Rio. Il n’est pas jusqu’à certaines variétés bizarres, comme les minerais titanifères, qui existent en Norvège et que les Anglais sont parvenus à traiter, qui ne se montrent