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l’Amérique du Nord semble d’ailleurs être imprégnée de pétrole, car on a également signalé l’existence de l’huile minérale dans le Texas, le Colorado, l’Utah, la Californie.

L’alignement que semblent suivre les sources souterraines rejointes en Pensylvanie par la sonde court du nord-est au sud-ouest, comme la crête des monts Alleghany, ou Taxe moyen de la rivière du même nom. Au nord des points primitivement occupés, dans la vallée d’Oil-Creek (le ruisseau de l’huile), les sondages ont été stériles ; mais vers le sud on a toujours rencontré et l’on rencontre encore des sources nouvelles de plus en plus abondantes, et avec elles les amas d’eau salée et de gaz combustible qui accompagnent d’ordinaire l’apparition de l’huile. Celle-ci gît dans un terrain de grès sableux et de schistes argileux et feuilletés, et semble occuper d’immenses crevasses dans les grès. Généralement la sonde traverse, à des profondeurs variables, trois bancs de grès imprégnés d’huile et de gaz, dont le dernier est le plus riche en huile. Le gaz, recueilli par un tube spécial dans le trou de sonde, est presque toujours utilisé comme combustible dans le foyer de la petite machine à vapeur locomobile qui dessert le derrick. On appelle ainsi la charpente pittoresque composée de quatre montans élevés surmontés d’une poulie, dans la gorge de laquelle passe la corde qui sert à manœuvrer les outils de sondage. Le trou foré, le pétrole monte jusqu’à une certaine hauteur, et souvent coule de lui-même à la surface, où il jaillit comme une source artésienne. Quand il ne franchit pas le niveau du sol, une pompe Mlle par la locomobile l’amène au jour. Dans les deux cas, il vient se déverser dans une grande cuve extérieure. Les puits sont très rapprochés, et quelques-uns ne fournissent pas de pétrole. On ne démolit jamais les charpentes, et elles donnent à tout le district de l’huile un aspect caractéristique.

Les géologues ont bien longtemps discuté et discuteront peut-être longtemps encore sur l’origine du pétrole. Ceux-ci, disciples des plutoniens du passé, l’attribuent à une cause ignée et volcanique ; ceux-là, plus près de la vérité, n’invoquent que des causes neptuniennes. Le pétrole n’est que de la houille liquide. On le trouve dans des terrains d’un âge fort peu antérieur ou contemporain de celui du terrain houiller, et de composition à peu près identique, des argiles, des schistes, des grès. On a affaire à de véritables nappes, à des bassins, à des lacs, à des fleuves d’huile, alignés sur un axe géométrique, au moins pour les gîtes pensylvaniens, et non à des nids, à des amas isolés, disséminés au hasard. Le pétrole n’est, comme la houille, que le produit d’une végétation disparue ; mais quelle était cette végétation ? Voici la réponse que faisait un jour à cette question un savant botaniste, M. Lesquereux, dans le