Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 9.djvu/681

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


indigens qui sont appelés à profiter de la médecine gratuite ; cette liste est ensuite soumise à l’approbation des conseils municipaux. Le médecin cantonal traite à domicile, sur la demande du maire ou, à son défaut, d’un membre de la commission communale, les indigens portés sur la liste. Dans les cas urgens, il peut être appelé directement par le malade ou sa famille, au moyen de la présentation de la carte délivrée à chacun des indigens. Les médecins visitent et soignent également les enfans trouvés, abandonnés, orphelins, les vieillards infirmes placés dans les familles au compte du département. Ils donnent au moins une fois par semaine des consultations gratuites ; chaque année, ils adressent au préfet un rapport sur les résultats de leur service. Le médecin cantonal reçoit annuellement une allocation proportionnée à l’étendue de la circonscription et au nombre des indigens, enfans et vieillards qu’il est chargé de visiter ; quand les ressources le permettent, des primes sont données à ceux qui se sont distingués par leur zèle. — Les remèdes sont fournis par un pharmacien domicilié dans la circonscription ou par le médecin, s’il n’y a pas de pharmacien à 4 kilomètres de distance du domicile du malade. Toutes les communes sont pourvues d’un mobilier médical, linge, baignoires et autres objets de première nécessité, qui sont prêtés sur l’autorisation du médecin. »

Ce système, qui séduit par sa simplicité, a soulevé bien des objections. Il a l’inconvénient de diviser les médecins en deux catégories, les médecins libres, qui n’ont point à se préoccuper des pauvres, et les médecins de l’assistance qui, pour une rétribution souvent dérisoire, sont obligés de leur consacrer tout leur temps. Chargé d’un fardeau trop lourd, le médecin officiel n’est jamais prêt à répondre à l’appel du malade, il est à une extrémité du canton lorsqu’on le demande à une autre. De là des plaintes d’autant plus vives que l’indigent, qui sait que ce médecin lui doit ses soins, montre de plus grandes exigences. Le médecin de l’assistance, par cela même qu’il est imposé, n’a pas la confiance du malade, il est déprécié aux yeux de la clientèle, et suspect, suivant l’expression exagérée, mais caractéristique, d’un médecin qui a déposé dans l’enquête, de faire de la médecine de rabais au profit de l’administration. C’est donc au nom de leur dignité comme au nom de leurs intérêts que la plupart des sociétés médicales repoussent le système cantonal. Quant aux indigens, qui n’ont pas été représentés dans l’enquête, comme on le pense bien, on suppose qu’ils pâtissent de ne pouvoir s’adresser au médecin de leur choix et d’être obligés de subir celui qu’on leur impose.

Le second système, qu’on appelle système des circonscriptions