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pour rapporter des connaissances en métallurgie ; en vue de chaque enseignement, il faisait rédiger des manuels. Dès 1748, il annexa à son école un séminaire destiné à former des professeurs.

A l’imitation de la realschule de Berlin, il s’en fonda bientôt d’autres sur différens points de l’Allemagne ; mais ces créations n’eurent point en général une existence durable. Il ne faut pas s’en étonner ; deux défauts graves étaient inhérens à cette organisation. Au lieu d’un enseignement disposé et gradué avec ordre et uniformément donné aux élèves d’une même classe, comme il convient dans l’instruction secondaire, on offrait aux enfans le choix parmi une quantité de leçons sans cohésion ni gradation. En outre cette sorte d’institution était plutôt une agglomération d’écoles spéciales et techniques qu’un établissement destiné à donner une instruction générale.

Les guerres de la révolution et de l’empire, qui bouleversèrent l’Allemagne et diminuèrent la richesse publique, arrêtèrent ces essais ; mais après la chute de l’empire l’essor imprimé au commerce et à l’industrie, le réveil de l’esprit public dans les classes moyennes, l’intérêt qu’excitaient partout les découvertes de la science, donnèrent une impulsion nouvelle aux esprits. Cependant on faillit d’abord faire fausse route : en certaines villes, les réformateurs se tournaient vers les gymnases pour les inviter à transformer leur instruction en raison des besoins nouveaux qui s’étaient manifestés. On leur demanda de réduire la part des langues anciennes pour donner une plus large place aux mathématiques, aux sciences physiques et naturelles, aux langues vivantes. Heureusement que dans l’intervalle le gymnase avait lui-même repris des forces grâce au mouvement historique et philologique dont Ernesti, Heyne, Wolf, furent les premiers promoteurs ; il pouvait opposer à ses détracteurs les œuvres éminentes en tout genre que produisait alors l’étude de l’antiquité. Derrière le gymnase, pour le soutenir, se trouvaient les universités, où enseignaient des hommes comme Niebuhr, Gottfried Hermann, Böckh, Otfried Müller. On put reconnaître alors que le plus sûr rempart de l’enseignement classique des collèges, c’est une solide organisation de l’instruction supérieure. Le gymnase, tout en faisant quelques concessions, se trouva en mesure de maintenir l’unité et l’intégrité de son programme. Les municipalités comprirent que le parti le plus sûr et le plus court était d’établir le nouvel enseignement à côté et en dehors des anciens cadres. En vingt ans, l’Allemagne se couvrit de realschulen sans que les gouvernemens, surtout en Prusse, intervinssent dans ces fondations.

Il restait à déterminer le programme des études. Sur ce point