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LE COSTUME ET LE LUXE
DANS L'ANCIENNE FRANCE

I. J. Quicherat, Histoire du costume en France depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin du dix-huitième siècle, Paris 1875. — II. Viollet-Le-duc, Dictionnaire raisonné du mobilier français, de l’époque carlovingienne à la renaissance, Paris 1855-1875.

Enfermé dans le cercle étroit de ses jours, l’homme veut s’arracher au présent et agrandir les horizons de sa vie en demandant à l’histoire les secrets du passé. Une sympathie mystérieuse le ramène vers les générations qui l’ont précédé sur cette terre, et, comme le vieux caméronien de Walter Scott, il cherche à lire sur des tombeaux les noms que le temps a couverts de sa rouille. Il écoute les morts qui lui parlent dans les cartulaires des abbayes, les arrêts des cours féodales, les mémoires, les coutumiers, il leur demande ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont été dans ces temps de misère et de larmes où les invasions passaient comme un ouragan sur la Gaule ; il veut savoir comment, de la servitude de la glèbe, ils se sont élevés à la condition d’hommes libres, comment ils ont conquis lambeau par lambeau, pour en faire une patrie commune, cette France de la vieille monarchie qui a connu toutes les gloires et tous les malheurs, et de cette recherche sur la destinée des aïeux il tire la science de l’histoire, que les anciens appelaient l’institutrice des peuples.

A côté de cette science féconde qui embrasse dans leur ensemble par les idées et par les faits tous les élémens de la vie des nations, il en est une autre plus modeste, l’archéologie, qui reconstitue la vie domestique avec ses propres ruines. Exclusivement appliquée jusqu’au règne de Louis XIV à l’antiquité païenne, elle a donné ses premiers travaux sur notre patrie avec Ducange et Montfaucon, et,