Page:Revue des Deux Mondes - 1877 - tome 22.djvu/457

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matérielles, que de notre état politique et moral, car, effet heureux ou non des temps et des traditions historiques, Paris est toujours et sera plus que jamais la France.


I

Le budget de la ville de Paris avait été fixé pour 1876 à 204 imitions de recettes ordinaires, plus 104 millions de recettes extraordinaires, et à pareille somme à peu près de dépenses des deux natures avec un faible excédant de 300,000 francs de recettes. Entre les propositions du préfet et les décisions du conseil municipal, une modeste différence de 1,500,000 francs mériterait à peine d’être signalée, si, à côté d’une augmentation de 300,000 francs pour les dépenses de l’instruction publique, la majorité du conseil municipal n’avait tenu à affirmer ses sentimens en réduisant de moitié l’allocation aux cultes et concédé 93,000 francs tandis que le préfet en réclamait 184,000.

Pour 1877, le budget présenté par le préfet et approuvé par le conseil s’élève en équilibre à 271 millions, dont plus de 211 millions pour les recettes et les dépenses ordinaires et 59 millions 1/2 pour les recettes et les dépenses extraordinaires. Dans les dépenses du culte, le conseil a encore témoigné son dissentiment, et là où le pouvoir préfectoral prévoyait 178,000 francs de dépenses, il n’en a inscrit que 78,000.

Ce qui frappe à première vue dans le résultat des deux dernières années, c’est la persistance de l’équilibre, qu’on peut considérer comme définitivement acquis à moins d’événemens nouveaux et funestes, et ensuite c’est l’énormité de ces chiffres de dépenses et surtout de recettes supérieures de beaucoup aux recettes des plus prospères années du régime précédent, puisqu’en regard des recettes ordinaires de 204 millions en 1876 et de 214 en 1877 les comptes arrêtés pour 1867, 1868 et 1869 n’ont donné que 170, 162 et 168 millions.

Comment, après cinq années, alors qu’en 1871 la situation était si difficile, l’équilibre a-t-il été rétabli ? Assurément par de grands sacrifices, et en première ligne par les émissions d’emprunts nouveaux dont il sera intéressant de donner au moins la nomenclature. Mais ces emprunts, dont le service incombe aux ressources annuelles et permanentes, ont coïncidé encore avec des accroissemens dans la plupart des services municipaux autres que ceux de la dette, et pour les solder tous, la progression constante des revenus ordinaires n’aurait certainement pas suffi, si la ville n’avait singulièrement accru le taux de ses impôts directs et indirects, et si la population