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Nouveau refus. Il vide encore un tonneau et maintient son chiffre. Il fallut bien à la fin que l’Anglais se soumît.

Les vignobles du Médoc couvrent une étendue qu’on peut estimer à 30,000 hectares. On évalue en moyenne à, 8 barriques ou 2 tonneaux par hectare, en tout 60,000 tonneaux ou 540,000 hectolitres, la quantité de vin récoltée annuellement en Médoc. Le dixième de ce chiffre peut être attribué aux crus classés, et le reste à peu près par moitié aux crus bourgeois et aux paysans. L’invasion du phylloxéra a bouleversé en partie cette statistique.

En 1875, la récolte totale des vins de la Gironde a été de 5,280,000 hectolitres, ou dix fois ce que le Médoc seul produit moyennement. La valeur de la récolte était estimée sur place, dans l’ensemble, à 90 millions de francs, ce qui mettait le vin à moins de 20 centimes le litre. La récolte de la France entière a été pour cette même année 1875 de 84 millions d’hectolitres, plus que la France n’avait jamais produit. En 1876, la récolte est descendue à 42 millions, et celle de la Gironde à 2 millions, surtout par suite des ravages du phylloxéra. En 1873, la récolte de la France n’avait été du reste que de 36 millions. La plus faible récolte du siècle correspond à l’année 1854, et n’a pas dépassé 11 millions, sous l’influence de l’oïdium. En 1869, un seul département, l’Hérault, aujourd’hui si rudement éprouvé, atteignait 15 millions. Les principaux départemens vinicoles sont par ordre d’importance, quant à la production, l’Hérault, la Charente-Inférieure, l’Aude, la Gironde, la Charente, l’Yonne, le Saône-et-Loire, la Loire-Inférieure, le Puy-de-Dôme, la Vienne, les Pyrénées-Orientales, la Côte-d’Or, La production de chacun de ces départemens, en 1876, a varié de 6 millions et demi d’hectolitres à 1 million.

On a dit que l’exportation des vins de la Gironde était à peu près les deux cinquièmes de ce que produit ce département. Tous les autres ports français réunis n’exportent guère plus de vin que Bordeaux. Cette exportation est toujours allée en augmentant, et, pour cette dernière place, a plus que triplé depuis 1860. Le terrible fléau du phylloxéra menace, si on ne l’arrête à temps, de déranger cet ordre de choses. On autre élément de trouble contre le commerce de Bordeaux, ce sont les droits protecteurs très élevés dont quelques pays, comme les États-Unis, frappent à l’entrée les vins de France. L’exportation de nos vins vers ce pays est restée stationnaire, a même sensiblement décru. C’est pourquoi la chambre de commerce de Bordeaux est si fermement attachée aux principes du libre échange et faisait récemment des vœux, dans une lettre adressée au ministre du commerce et rendue publique, pour que le nouveau traité que la France va signer avec l’Angleterre fixât l’abaissement des droits mis en Angleterre sur les vins français. Les