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travaux de Michel Lévy, par exemple, ont élucidé la question des rapports qui existent entre la structure des porphyres et leur âge. A présent on sait avec précision à quelle époque géologique appartiennent les premières roches à structure fluidale. On connaît la date géologique d’apparition des espèces minérales, absolument comme on possède celle des espèces animales et végétales ; ainsi l’on sait que plusieurs minéraux ne se montrent pas dans les roches éruptives antérieures à la période tertiaire ; tel est le cas pour la leucite, si commune aujourd’hui dans les laves du Vésuve, pour la mellilite, fréquente dans les tufs volcaniques de la campagne romaine, pour la tridymite, qui abonde dans un grand nombre de produits éruptifs tertiaires. Ces trois minéraux font entièrement défaut aux époques plus anciennes, de telle sorte qu’un cristal de leucite, par exemple, aperçu dans un échantillon de roche, fixe immédiatement la limite supérieure d’âge du massif pierreux dont il a été extrait. D’autres minéraux sont plus spécialement l’apanage des roches anciennes. Enfin certaines variétés de silice cristallisée caractérisent diverses époques géologiques.


III

Après avoir considéré les résultats obtenus dans l’application du microscope à l’étude des minéraux et des roches, parcourons maintenant la série des moyens qui ont permis l’emploi de cette méthode d’examen et l’ont rendue fructueuse.

Dans la confection des lames minces d’origine minérale destinées aux observations microscopiques, on se heurte tout d’abord contre une grande difficulté. La matière qui doit être soumise à l’examen ne peut, à la façon des substances animales ou végétales, être tranchée au moyen d’une lame d’acier fortement trempée et aiguisée finement. La plupart des minéraux sont trop durs pour se prêter à une telle opération ; la réduction en lames minces doit donc être effectuée autrement.

Le procédé actuellement usité a été imaginé et mis en usage pour la première fois en 1826 par un constructeur anglais, William Nicol, physicien distingué, dont le nom demeure attaché aux applications du microscope. On prend un fragment aussi plat que possible de la substance minérale à étudier ; on frotte une de ses faces sur un plan de verre ou de métal avec de l’émeri humecté d’eau jusqu’à ce qu’on l’ait aplanie ; puis, à l’aide d’une petite quantité de résine fondue, on colle la surface polie de l’échantillon sur un morceau de verre épais. Lorsque la résine est refroidie et l’adhérence du fragment minéral complète, on pratique l’usure et le polissage de sa